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Tome II.
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LES DESSOUS DE L’HISTOIRE

C’est pourquoy je me suis applique' particulièrement à entendretoutes les plainctes, y faire pourveoir par les Juges ordinaires,appuyer l’exe'cution des arrests, et, à la moindre re'sistance parvoye de faict, opposer d’abord toute l’authorite' que le Roy m’afaict l’honneur de me commettre. Elle est pre'sentement sy bienestablie et tellement re've're'e dans toutes les provinces, qu’en lafaisant seulement paroistre dans quelques occasions, j’ay pre'venules attroupemens et les assemble'es par lesquelles les diffe'rensde la noblesse se terminoient le plus souvent, et qu’on s’estsoubmis volontairement aux ordres de la Justice. Ceux que j’ayreçeus de Sa Majesté' pour investir le chasteau de Cluzeaux eten arrester le seigneur ayant re'ussy, ont beaucoup contribué àpurger le Bas-Limousin et à réprimer les violences, qui y estoientencore plus ordinaires que dans le reste de la Généralité. Mon-sieur de Louvois m’a faict l’honneur de me mander que jepouvois faire le procez au dit sieur de Cluzeaux et le juger dansung Présidial. Mais, Monseigneur, j’ose vous représenter, ainsyqu’à mon dit sieur de Louvois, qu’oultre qu’à cause de sa qualitéde gentilhomme, il semble debvoir estre renvoyé dans ung Par-lement, il seroit peut-estre plus expédient sy, par l’événementdu procez et la qualité des preuves, il y a lieu d’en faire ungexemple, qu’il se fist par l’authorité de la justice ordinaire, quin’est pas assez recogneüe et qui ne sçauroit estre trop fortementestablie dans ceste province. D’ailleurs, par le dernier interro-gatoire que je luy ay faict, il m’a dit qu’au mariage du Roy, ilavoit obtenu des lettres d’abolition adressantes au Parlement deBourdeaux, mais que ce Parlement luy estant suspect à causedes parentez d’une de ses parties, il avoit obtenu commissionpour en informer, et mesme faict son enqueste, en conséquencede laquelle il prétend que l’instance est encore pendante au privéConseil, et quoyqu’il soit assez difficile de comprendre commentil a peu se servir de ceste commission, ne s’estant point mis enestât, néantmoins, je crois estre obligé de vous marquer cestecirconstance, sur laquelle, Monseigneur, vous ferez telle réflexionqu’il vous plaira pour le renvoy. Mais sy le Roy m’ordonne dele juger dans ung Présidial, je vous supplie très-humblement deconsidérer que je ne le puis faire sans une commission parti-culière, n’ayant pouvoir, par celle d’intendant, que de juger lesgens de guerre. Je n’ay pas laissé cependant d’aller informermov-mesme sur les lieux où ma présence estoit nécessaire, à