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Tome II.
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CORRESPONDANCE AVEC LE CHANCELIER SEGUIER

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cause des pratiques secrètes qu’on faisoit pour destourner etintimider les tesmoings, et je continue tousiours l’instruction,jusques à ce qu’il ayt pieu au Roy de de'clarer sa volonté'.

J’ay faict une visite ge'ne'rale dans les Eslections et en fais departiculières selon les occasions, tant pour contenir dans ladiscipline les troupes qui sont loge'es dans ceste Ge'ne'ralite', quepour cognoistre les principaux abus qui se commettent dansl’imposition et le recouvrement des deniers du Roy, dont j’aypris des Me'moires, pour re'former ceux que je pourrais cor-riger par moy-mesme en exe'cution des ordonnances et arrestsdu Conseil, et vous demande ung règlement à l’esgard deceux auxquels il sera necessaire de pourveoir par l’authorite' duConseil.

Je travaille pre'sentement à l’exe'cution de la commission pourla recherche des usurpateurs de noblesse, et ve'rifie moy-mesmele plus exactement qu’il m’est possible tous les tiltres qui mesont repre'sentez, ensemble les inventaires que j’en fais dresser,affin de vous en donner ung esclaircissement fidèle, et tascherayde faire en sorte que dans ceste matière, qui est importante etqui m’est extresmement recommande'e, vous n’ayez rien à de'sirerde mes soins.

Je vous supplie très-humblement, Monseigneur, de me par-donner la liberté que je prends de vous rendre compte du détailde ma conduite, et de trouver bon que je continue "de le fairedans la suitte, lorsque je croiray ne vous estre point importun.Je suis, avecq tout le respect que je doibs,

Monseigneur,

vostre très-humble et très-obéissant serviteur,

Aguesseau.

Limoges, ce 24 septembre 1666.

(Annotation du chancelier Séguier). — J’ay reçeu sa lettre et aycommuniqué à Monsieur Le Tellier ce qu’il m’a escrit sur lesubiet du procez du nommé de Cluzeaux. L’on a jugé à proposde luy donner pouvoir extraordinaire de le juger souverainement,puisqu’il est arresté; que je crois que l’on luy envoyera la com-mission; que je suis bien ayse de recepvoir des advis de luy del’estât de la province, des différens et procez qui méritent lacognoissance du Conseil, de la conduite des Officiers et de lanoblesse; que je ne doubte point qu’il ne fasse la visite dans