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LES DESSOUS DE L HISTOIRE
de poursuites. J’ay charge' le Procureur du Roy de m’envoyerl’estât de toutes les plainctes qui ont este' rendues depuis les sixou sept dernières anne'es et des proce'dures qui ont este' faictes enconse'quence, lequel je me donneray l’honneur de vous adresseraprès que je l’auray reçeu. Cependant, Monseigneur, j’ay creuestre obligé de vous donner advis de ce mal, qui a besoin d’ungremède extraordinaire et ne peut estre réprimé que par une au-thorité souveraine.
Il s’est commis aussy depuis peu une violence qui a faictbeaucoup d’esclat par la circonstance du temps et du lieu. C’estoitdans la foire de Chalus, qui est une des plus célèbres du Li-mousin, où le sieur de Saint-Priest, accompagné de plusieurshommes armez, ayant attaqué, à ce qu’on prétend, deux autresgentilshommes nommez les sieurs de Soffrenie frères, contrelesquels il avoit procez pour les honneurs de l’église, et ceux-cys’estant deffendus, il y a eu plusieurs coups tirez, dont non-seu-tlement les gentilshommes des deux partis, mais encore divers!paysans, qui n’avoient point d’intérest en leur querelle, et leursbestiaux ont esté blessez, en sorte mesme que ce désordre ht!cesser la foire. Les deux parties ont informé respectueusement,,l’une devant le Juge ordinaire, l’autre devant le Prévost,’et ainsyi,donné lieu à ung conflit de jurisdiction qui est une voye ouverteà ung accommodement entre les parties principales ou à'l’impu-nité, sans que ces pauvres misérables, qui ont souffert en leurs,personnes et en leurs biens, puissent en attendre aucune justice,ny osent seulement entreprendre une procédure criminelle contredes gentilshommes puissans. Cependant, Monseigneur, vous ju-igerez combien il est important, pour la liberté du commerce etjla seureté des foires, qu’une action de ceste qualité ne demeurepas impunie. Je suis, avecq tout le respect que je doibs,Monseigneur,
vostre très-humble et très-obéissant serviteur, ,
Aguesseau.
A Limoges, ce 26 octobre 1668.