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LES DESSOUS DE L’HISTOIRE
d’agréer la liberté que j’ay prise et de me faire la grâce de croireque je suis, avecq tout le respect que je doibs,
Monseigneur,
rostre très-humble et très-obéissant serviteur,
Aguesseau.
A Limoges, ce 3 o novembre 1668.
ANNÉE 1669
LETTRE DE M. D’AGUESSEAU (1)Monseigneur,
Je n’aurois pas manqué de vous renouveler, dès les premiersjours de ceste année, les asseurances de mes très-humbles res-pects, sans une fiebvre qui ne m’a pas permis jusques à présentung debvoir sy juste et que j’avois tant d’impatience de vousrendre. Je me sers maintenant du relasche qu’elle me donnepour vous supplier très-humblement de croire que sy j’ay estéprévenu par tous ceux qui vous ont faict les mesmes compli-mens, ils n’ont eu que cest advantage-là sur moy, puisqu’il n’yen a point qui vous honore davantage, ny qui fasse plus devœux que j’en fais pour la conservation de vostre santé.
Je prendray aussy, Monseigneur, la liberté de vous dire que jereçeus, il y a quelque temps, ung arrest du Conseil, par lequelil m’est ordonné de me transporter à Agen pour instruire leprocez criminel du sieur de La Chaise, conseiller au Présidialde Montauban, condamné à mort par contumace par jugementsouverain de Monsieur Pellot, et de le juger ensuite dans lePrésidial de Limoges; mais oultre que mon indisposition ne mepermet pas d’entreprendre de sitost ung voyage de ceste qualité,il est bien difficile que je puisse m’esloigner de ceste province
(1) Dossier no 114, tome VI, pièce 88.