LA FIN DE LA FRONDE A BORDEAUX
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du Chapeau-Rouge, et encore e'tait-elle gardée par cinquanteOrmistes. Il devenait cependant de plus en plus urgent pour luide s’en aller : sa situation s’aggravait chaque jour, et il ne pouvaitplus rien faire pour le service du Roi. Mais par où lui serait-ilpossible de se tirer d’affaire, surtout avec les papiers qu’il avaitpar devers lui, et dont la quantité' e'tait telle, qu’ils auraient puà peine entrer dans une valise? C’e'tait là la difficulté' à re'soudre,et il fallait d’autant moins songer à passer par la porte en ques-tion, qu’on fouillait tous ceux qui portaient un paquet quel-conque. Le Père imagina alors d’e'crire, par une voie sûre, àM. de Pommier, qui s’était réfugié à Agassac avec plusieurs deses amis, qui avaient été également chassés de la ville, et le priade lui envoyer au plus tôt son batelier pour le conduire chez lui.M. de Pommier le fit immédiatement : le Père Berthod dit aubatelier de mener sa chaloupe à deux lieues de Bordeaux, etqu’il se rendrait jusque-là à pied. Il y avait, en effet, d’autantplus de précautions à prendre, que M. de Conty avait révoquétous les passeports qu’il avait précédemment donnés, et com-mandé aux capitaines de ses vaisseaux d’arrêter tout voyageurqui descendrait du côté de Blaye.
Restaient encore ses papiers à sauver : le Père Berthod pensaqu’il ne pouvait mieux s’y prendre qu’en employant pour celades femmes qui lui fussent dévouées. Comme, on va le voir, il yréussit d’emblée : pendant que le batelier retournait à Agassacpour y prendre sa chaloupe, il envoya chercher deux bourgeoisesqui tenaient dans la ville un rang assez élevé, et en qui il avaittoute confiance. Pour plus de sûreté, il leur adjoignit la sœur deson hôte, qui était également la sœur de l’une des deux bour-geoises, et quand elles furent toutes trois réunies, il leur proposade lui venir en aide le lendemain pour faciliter sa sortie, sansleur dire ni en quoi, ni comment, ce qu’elles acceptèrent avecempressement.
Le lendemain, ces femmes et le batelier arrivèrent à l’heureconvenue, mais le batelier avait si mal combiné son affaire, qu’ilexposa le Père Berthod au danger d’être infailliblement pris parl’armée navale des Bordelais, car, au lieu d’avoir laissé sa cha-loupe à deux lieues de la ville, comme celui-ci le lui avait re-commandé, il l’avait conduite jusqu’au port du Chapeau-Rouge.C’était là une fâcheuse complication, et néanmoins, coûte quecoûte, il fallait partir. Le Père remit au batelier une valise pleine