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Tome II.
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IA FIN DE LA FRONDE A BORDEAUX

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landais, qui s’y trouvaient, tiraient sur eux et les pillaient, bienqu’ils fussent tous au service des Princes. Le Père Berthod,enchante' au fond de ce refus, adressa la même demande auxcapitaines des deux autres brigantins, et en reçut la mêmeréponse. Il se dirigea alors vers l’endroit où il avait donne'rendez-vous au batelier, et, après l’avoir attendu près de troisheures, parce qu’il avait e'te' retenu à Bordeaux pour passer lestroupes d’Aubeterre, qui rentraient dans leurs quartiers, il s’em-barqua au soleil couchant dans sa chaloupe, et arriva le lendemainà Blave, où il fut reçu avec de grandes démonstrations d’amitiépar MM. de Vendôme et de S'-Simon.

Comme il savait que tout ce qui avait eu lieu à Bordeauxn’avait point refroidi le zèle des bien intentionnés, il écrivit àplusieurs d’entre eux des lettres qu’il leur faisait remettre sousmain, et leur envoya, par la même voie, une sorte de Manifeste,par lequel ils se justifiaient, le Père Ithier et lui, de l’intentionqu’on leur avait prêtée de vouloir faire égorger le peuple par lestroupes du Roi et mettre la ville à feu et à sang, en leur faisantconnaître la pureté de leur dessein, et en leur déclarant, devantDieu, qu’ils n’avaient eu d’autre pensée que de rétablir leurrepos et leur liberté sans verser une seule goutte de sang, etsans faire d’autre mal aux Princes et aux Princesses que de lesobliger à s’éloigner de Bordeaux.

« — Songez, disait-il encore, à vos maisons incendiées, à voscampagnes désolées, à vos vignes arrachées, à la disette quidécime les habitants de votre ville, à la misère dans laquellesont plongés la plupart de vos bourgeois!.... Et cependant, vouscouvrez de couronnes les auteurs de vos malheurs, et vous en-voyez au supplice ceux qui voulaient rendre à votre ville sonabondance et sa beauté, son bonheur et ses plaisirs d’autrefois.Au lieu de détester les auteurs de vos maux, qui, après vousavoir poussés en avant, vous laisseront croupir dans le précipice,au lieu de maudire les misérables qui dévorent vos biens, quis’enrichissent à vos dépens, vous les comblez de caresses, et vous

les encouragez contre ceux qui ne songent qu’à votre bonheur!.

Quel sacrilège n’avez-vous pas commis en chassant de Bordeaux,à coups de bâton et de hallebarde, cinquante religieux Cor-deliers, à qui vous n’aviez d’autre reproche à adresser qued’avoir déploré le traitement odieux infligé à leur gardien? Aquelle impiété ne vous êtes-vous pas portés envers Jésus-Christ,