NOTE
ES Papiers de la Bastille, comme prison d’État, ont déjàété l’objet d’une importante publication faite par M. Fran-çois Ravaisson, ancien conservateur adjoint à la Biblio-thèque de l’Arsenal (i). Malheureusement, les documents publiéspar le savant bibliographe ne vont pas au delà de l’année 1686,et il aurait été bien difficile, sinon impossible, de les compléter,si le hasard — cette providence des chercheurs — ne nous avaitfait découvrir les dossiers relatifs au xvm e siècle, et permis ainside combler la lacune qui existait jusqu’à ce moment dans l’his-toire pénitentiaire de notre pays.
Ainsi que nous l’avons déjà dit dans l’Introduction de cet ou-vrage, ces dossiers « proviennent du fonds de Pierre Dubrowsky,» secrétaire de l’ambassade de Russie à Paris en 1789. Chez» Dubrowsky, le diplomate était doublé d’un collectionneur pas-» sionné, qui ne reculait devant aucun moyen pour augmenter» son « musée » bibliographique, et lorsque, le 14 juillet, eut» lieu la prise de la Bastille, il en profita, comme d’une occasion» providentielle, pour s’approprier de toutes mains les papiers» déposés dans ses archives. »
Les liasses qui les contiennent portent encore les traces dudésordre de leur origine : non seulement elles sont, pour laplupart, maculées de boue et de taches de toutes sortes, maisles documents qui ont motivé l'arrestation des prisonniers sontmêlés et confondus avec les papiers les plus insignifiants, telsque des quittances de loyer, des notes de blanchisseuse, unecopie du Lutrin vivant de Gresset, une nouvelle version de la chanson
(1) Archives de la Bastille, documents inédits, recueillis et publiés par M. FrançoisRavaisson. Paris, A. Durand et Pédone-Lauriel, libraires.