LES DESSOUS DE L HISTOIRE
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dépense inutile que de l’y réintégrer. Comme c'est un très-mauvais sujet et même dangereux, il est essentiel que vous vousdécidiez pour une prison où il puisse être avec sûreté, en casque vous pensiez qu’il n’est pas dans le cas d’être remis à Vin-cennes (i).
Monsieur,
Amsterdam, le 22 octobre 1762.
J’ay vu M. de Chenonceaux, j’ay eu une très-longue conver-sation avec lui, et comme je ne lui ay laissé aucune espérance depouvoir retarder davantage son extradition, je l’ay amené aupoint de déclarer à M. le Grand-Bailly, à MM. les Échevins età moi la nature et le montant de ses dettes légitimes. Suivantce qu’il nous a dit, elles ne vont pas à plus de onze ou douzecens florins. Ainsi, Monsieur, si vous êtes dans l’intention deles acquitter, cette longue et épineuse affaire sera bientôt ter-minée. Il est vrai qu’en prenant le parti de satisfaire les créan-ciers de M. votre fils, il est à craindre qu’il ne vienne à s’enprésenter d’autres, et que par là toutes nos mesures ne soientrompues. Mais ce qui me rassure et qui doit vous rassurer aussilà-dessus, c’est que la déclaration du prisonnier s’accorde parfai-tement avec celle des créanciers qui l’ont écroué. Je pense donc,Monsieur, que pour sortir d’embarras et pour éviter le dangerd’un cautionnement que je n’ay jamais voulu offrir, quoiquela proposition en ait été faite de votre part à La Haye, vousferez bien d’autoriser M. Hornéca à fournir la somme dont ils’agit, laquelle ne sera payée que le jour du départ de M. votrefils, et le plus secrètement qu’il se pourra, afin de prévenir toutenouvelle difficulté. Vous ne serez pas surpris que M. de Che-nonceaux ait contracté des dettes ici, quand vous saurez qu’il yentretenoit une fille et qu’il s’est fait faire quelques habits. Surla demande que je lui ay faite s’il ne lui restoit pas assez d’argentpour fournir aux dépenses extraordinaires occasionnées par sonséjour à Amsterdam, il m’a répondu devant MM. les Magistratsqu’un de ses amis de Paris avoit dû lui envoyer une lettre dechange de mille écus, qu’il n’avoit pas encore reçue et qui pour-roit bien avoir été renvoyée. Il n’a jamais voulu nous dire à qui
(1) Ces deux projets de lettres ne portent pas de signatures.