Band 
Tome II.
Seite
252
JPEG-Download
 

LES DESSOUS DE L’HISTOIRE

2 5 2

dont Votre Excellence a daigne' m’honorer, le 3o du mois dernier,relativement à l’extradition des sieurs de Chenonceaux et deVence. Ce Ministre m’a paru surpris d’abord d’apprendre queces Messieurs n’e'toient pas encore enleve's, et quand je lui ay eurendu compte des difficulte's que MM. les Bourguemaîtres d’Ams-terdam apportoient à leur extradition, il m'a dit qu’il ne pa-roissoit pas naturel que les cre’anciers de ces Messieurs perdissentles sûrete's qu’ils pouvoient avoir, si effectivement leurs créancesétoient légitimes, mais que cependant il croyoit que nonobstantce, MM. les Bourguemaîtres pouvoient ordonner leur extradition,sauf aux créanciers à exercer leurs recours sur les biens de cesMessieurs en France, et qu’en conséquence, il leur e'eriroit vo-lontiers pour les engager à terminer cette affaire de la sorte.

Lorsque je lui ay lu l’article de la lettre de Votre Excellence,où il est dit que la condition que l’on impose à leur extraditionparoît impraticable, et du côté de la famille, qui a abandonné lesieur de Vence à son malheureux sort, et par rapport à l’État,qui n’est point du tout intéressé à le rappeler, et qui ne s’estdéterminé à ce sujet que par rapport au sieur de Chenonceaux,il m’a arrêté et m’a dit qu’il e'toit vrai qu’il avoit remarque quetoutes les fois que j’avois traité cette affaire avec lui, je ne luiavois jamais parlé que du sieur de Chenonceaux; on s’e'toit, enconséquence, déterminé à les faire arrêter tous deux, et qu’il nepouvoit plus à présent demander que l’on rendît l’un sans l’autre,sans faire croire que c’e'toit de son propre mouvement qu’il avoitfait cette démarche, et que ce seroit alors démentir ce qu’il avoitavancé; que cependant, d’après mes représentations, et sur ceque je lui disois de vos intentions et de celles de la famille dusieur de Vence, il e'eriroit à MM. les Bourguemaîtres d’Ams-terdam, pour les engager du moins à nous rendre d’abord le sieurde Chenonceaux, si les dettes du sieur de Vence formoient unobstacle invincible à son extradition, d’après l’idée dont il venoitde me faire part d’accorder à ses créanciers leurs recours sur sesbiens en France. Ce prisonnier étant un sujet abandonné, quel’on n’avoit réclamé que parce que l’on croyoit que cela nepouvoit point faire de difficultés, que cependant je pouvois as-surer Votre Excellence qu’il n’épargneroit rien pour obtenir cequ’elle désire, et qu’il me mettroit dans peu en état de lui rendreun compte exact et précis de tout ce qui auroit été fait à ce sujet.

Dès qu’il m’en aura fait part, je ne perdrav pas un instant à