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Tome II.
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PAPIERS DE LA BASTILLE

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senter, il y a un an et plus, à M. le comte d’Argenson, ministred’Etat, un placet, à l’effet d’obtenir un sauf-conduit de trois anspour vaquer à ses affaires à Paris, et comme le dit placet, Mon-sieur, vous a été remis, il vous supplie humblement de vouloirbien lui accorder sa liberté', ne pouvant plus vivre errant dansson diocèse, et ses affaires de'périssant à Paris faute de sa pré-sence : c’est ce qu’il ose espe'rer de votre bonté' naturelle et devotre ardente charité'. Il offrira de tout son cœur ses vœux à Dieupour la continuation de votre santé', (i)

ALLEGRE (2)

Monseigneur,

En conséquence de vos ordres, je me suis informé des voituresconvenables pour faire partir l’homme de confiance de Paris quevous m’avez ordonné d’emmener. Les places de la diligence deLyon e'toient toutes retenues pour quinze jours, et la longueurdes autres voitures m’a déterminé à le faire partir en poste. Afind’étre mieux en état de suivre mon opération, je suis donc partile même jour en chaise de poste avec le sieur Allègre, et suisarrivé à Lodève le 12 du présent, où je loge à la Croix-Blanchesous le nom de Farey, négociant. Cette qualité m’a attiré unecour des meilleurs marchands de cette ville, avec lesquels je mesuis promené tous ces jours-ci, de façon que je réside ici sansque qui que ce soit ait le moindre soupçon de l’objet de monvoyage. J’ay été obligé d’y laisser aller le sieur Allègre sur sabonne foi, vu qu’il ne m’étoit pas possible de loger avec lui,mais je l’ay fait suivre et examiner autant que m’a permis l’in-commodité d’une petite ville de province. Mon homme de con-fiance, que j’ay chargé de ce soin, m’a rapporté que le sieurAllègre avoit fait plusieurs allées et venües dans la ville avec un

(1) En annotation : Je ne puis lui accorder une permission de venir à Paris. MonseigneurVArchevêque y trouverait à redire. 2y mai 1 JSS-

(2) Antoine Allègre, maître de pension à Montpellier, transféré à la Bastille le 21 mai1750. — Il s’en évada avec Latude le 25 février 1756, fut arrêté peu de temps après àBruxelles , et ne tarda pas à devenir fou. — Transféré à Charenton en 1764, il y vivaitencore en 1777.

C’est le même individu que G. de Pixérecourt et Anicet Bourgeois ont transformé enmousquetaire dans leur mélodrame historique (!) de Latude ou trente ans de captivité.