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Tome II.
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LES DESSOUS DE I.’HISTOIRE

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abbé qu’il m’a dit habiter le quartier des Pénitents-Bleus, et queplusieurs fois il l’avoit vu dans une maison d’où il y avoit long-temps qu’il e'toit sorti par une porte de derrière, dont toutes lesmaisons sont fournies dans cette ville, de façon qu’il ne le re-trouvoit que le soir. (1)

Allègre demande à prendre l’air dans la cour, et des livres.

Monseigneur,

Néant, 20 mai.

Je vous demande en grâce de m’accorder au moins une demi-heure de promenade avant la messe, les jours que je descendspour l’entendre. Je n’ay pas assez d’air dans la chambre où jesuis, et cela me cause des migraines si violentes, que je ne puisni dormir, ni manger. Hélas! Monseigneur, je n’ay pas méritéun traitement aussi rigoureux que celui que vous me faitessouffrir : vous me punissez pour une faute que j’aurois de l’hor-reur à imaginer, bien loin d’être capable de la commettre. Rendez-moi, je vous en supplie, un peu plus de justice, Monseigneur,en me rendant vos bonnes grâces. Sans elles, je ne puis vivretranquillement : la vie me devient insupportable, j’aimerois mieuxmourir que de vous voir en colère. C’est cette colère qui arrêteà mon égard les effets de votre humanité, parce que vous ne m’enjugez plus digne, malgré le penchant que vous avez à faire dubien, et par là même vous vous faites violence à vous-même.Vous savez, Monseigneur, que je n’aime rien tant qu’à m’occuper,et néanmoins je ne puis le faire, faute de livres. J’ay eu l’honneurde vous en demander, mais vous me les avez toujours refusés,et ce refus m’est infiniment fâcheux, vu le motif qui l’occasionne,surtout après avoir si bien connu la générosité de votre cœur etde vos sentimens. C’est à elle à qui j’ay encore recours : je l’im-plore, et je ne désespère pas de la toucher par la confiance quej’ay en elle, et par le respect dont est pénétré pour vous celuiqui a l’honneur d’être plus que personne au monde,Monseigneur,

votre très-humble et très-obéissant serviteur,

Allègre.

A la Bastille, le 16 mai 1752.

(1) La fin de cette lettre manque.