•274
LES DESSOUS DE L’HISTOIRE
davantage. Marchand qui perd ne peut pas rire. Ne croyez pasnon plus que ce soit l’amour. Si l’esprit de votre mari n’avoitpas mérité le soin d’un jardin, je ne l’aurois point entrepris.Vous lui avez renvoyé la lettre que je vous avois écrite : je lesais, parce que je paye le port des lettres que vous lui envoyez.S’il avoit voulu, nous aurions cinquante louis devant nous, sansfaire tort à personne, s’il m’avoit voulu laisser tranquille, maisj’ay plus souffert dans le temps que j’ay resté, que vous depuisque vous êtes en ménage. Prenons patience, je suis votre ser-vante ,
Cébarre.
Demoiselle BADIN
Monsieur, M rae Remion, charcutière rüe de Bussy, me demandeune entrée auprès de vous pour avoir l’honneur de vous recom-mander la nommée Badin, cuisinière chez la dame Eloy, rüede Bercy, lorsqu’elle a été arrêtée par le sieur La Motte. Toutce que je vous puis assurer, c’est que nombre d’honnêtes genss’intéressent au sort de cette pauvre domestique et lui rendentle meilleur témoignage. M llc Sonnois, tre'sorière du Grand-Châ-telet, dit tout le bien possible de cette femme, et le sieur LaMotte, exempt, à ce que je pense, qui m’est venu voir ce matinsur une lettre qu’il a eu l’honneur de recevoir de vous en datedu 3o juin, m’a dit en propres termes que sa liberté ne tenoit àrien. Voilà quinze jours que cette pauvre femme est en prison,plus que punie de quelques mots grossiers qu’elle a pu répondre,piquée de se voir renvoyée et ses effets jetés par-dessus lemur pendant la nuit. C’est, Monsieur, la femme pour laquelleM me Pelletier a eu l’honneur de vous écrire, il y a huit jours,sur les bons témoignages que nombre d’honnêtes gens lui ontrendus de cette pauvre domestique. La grâce que l’on vous de-mande, c’est la liberté dès aujourd’hui, si cela est possible.
BEAUVAIS Fils
Quant au nommé Beauvais tils, jardinier fleuriste, que j’ay eul'honneur de vous recommander mercredi dernier, sur l’ordre