PAPIERS DE LA BASTILLE
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Dieu merci, que Dieu le convertisse comme moi. Deux centslouis ne guériroient pas ma plaie. Vous avouerez que l’on m’abien pre'venue, mais je ressemble à la re'serve à saint Thomas, jesuis incre'dule. Ainsi, si j’ay du mal, c’est ma faute, et je ne meplains pas. Cependant, ce n’est pas moi qui l’ay fait partir pourParis : il m’y a détermine'e par force, le tout par gasconnade. Jel’ay bien [reçu] ; il est encore à savoir combien il paye de loyer,sans avoir e'te' malade, ni sa nourriture, ainsi du reste, je vouscertifie. Si vous voulez l’envoyer chercher avec des crochets parun crocheteur, il m’a paye' le port, car je lui ay offert. Il m’arefuse' pour la dixième fois. Je suis très-oblige'e à la patrie dem’avoir ce cas (sic). J’ay vu votre dernière lettre, qui a tombeentre les mains de M me de Masières. Je n’ay rien à vous dire deplus, sinon que si vous me re'pondez, je vous instruiray mieux.Je n’ignore de rien, quoique j’aye souffert de sottise. Je finis, jem’ennuie et suis avec toute l’estime possible,
De Cauville, dite Cébarre.
Paris, ce 7e septembre 1762.
Madame, je m’informe de l’e'tat de votre santé', que je souhaitefort bonne. Je suis fâche'e de mettre la main à la plume pourvous apprendre une mauvaise nouvelle. Ne vous en saisissez pasd’avance : je suis femme de probité', et vous le connoîtrez unjour. Votre mari, par son faible esprit, s’est attire' Bicêtre endroiture. La principale chose provient du jeu. Cependant, l’onn’a point agi violemment, car il me'ritoit mieux. Il ne sera pointe'crase' : ne lui faites pas plus de mal qu’il n’en a, car je ne meferois point revenir mon de'bourse'. Ainsi, tole'rez la chose autantqu’il sera possible. Laissez-moi tout sur ma domination, et vousserez satisfaite un jour. Je n’ay pas mis le pied dans le margouüypour rester en chemin. Je ne lui donne donc aucun secours :jugez comme il doit être à son aise. Cependant, cela ne dureraqu’un temps. Ne vous mettez point dans la tête que ce soit moiqui l’aye fait mettre où il est, c’est sa conduite. Écrivez-moi,adressez votre lettre chez M me Aubry, parce que je suis en chambregarnie, et dans l’intervalle de votre re'ponse, je pourray déloger,l’on ne sait pas ce qui peut arriver. Adieu, Madame, vous pouvezcroire que je n’ay pas l’esprit assez présent pour vous en écrire
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