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Tome II.
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DES DESSOUS DE I/HISTOIRE

Mail, ensuite rüe Traversière, où elle n’a demeuré que six se-maines, c’est-à-dire jusqu’à l’époque du 2 de ce mois, qu’elle aété arrêtée de l’ordre du Roy et conduite à la Salpêtrière.

Quoique le motif qui a donné lieu à sa détention ne fasse pasaujourd’hui un secret, je vais cependant le rapporter ici pour enconserver la tradition :

Le 12 juin, jour de l’octave de la Fête-Dieu, la demoiselleMortagne étant à se promener au Jardin des Thuilleries avecquelques personnes de sa connoissance, fut rencontrée face àface par M. de Polignac, qui, d’un ton ironique, dit à M lles LeDuc, avec lesquelles il e'toit : « Mesdemoiselles, je vous présente M l!e Mor-» tagne : elle a fait les plaisirs de l’armée en Flandres, et elle a bien mérité» par ses travaux la croix de Saint-Louis ». La demoiselle Mortagne,qui se vit humiliée devant des gens du métier, crut pouvoir sevenger du plaisir intérieur que les demoiselles Le Duc parois-soient prendre à cette scène, et après quelques réponses modéréesqu’elle adressa à M. de Polignac, il lui échappa de dire : « que si» ces demoiselles étoient encore aujourd’hui aux laquais, comme elles y avaient•» été cy-devant, il ne prendroit peut-être pas tant à cœur de leur faire sa cour» à ses dépens ».

Plusieurs personnes, qui ont été témoins de cette aventure,assurent que ce n’a été qu’après une récidive de la part de M. dePolignac que la demoiselle Mortagne lui a fait ce reproche, quil'a piqué si vivement, qu’il la menaça non-seulement de lui fairedéfendre l’entrée des Thuilleries, mais encore de la faire mettreà l’Hôpital. Il a pris le dernier parti.

La demoiselle Mortagne étoit sur le point d’entrer à l’Opéra.Le frère de Dupré venoit tous les jours lui donner leçon, etmême, pour l’engager à redoubler d’attention, elle lui avoitdonné une tabatière de 25 louis, du consentement de M. LeCointre, qui lui en avoit fait présent.

Elle étoit dans ses meubles, et occupoit l’appartement qu’avoitoccupé la demoiselle Brisseval.

Meunier.

La demoiselle Mortagne, danseuse du Magasin, rite Saint-Honoré.

Du 9 juin 1751.

La demoiselle Mortagne demeure toujours rüe Saint-Honoré,