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LES DESSOUS DE L HISTOIRE
que la demoiselle La Couperie l’a quitte' pour passer à M. deS’-Germain : le motif e'toit le même que celui d’aujourd’hui,mais comme la robe dont il s’agissoit e'toit encore au pouvoir dumarquis de La Capelle, il fut la porter à la petite Maupin, sœurde la Raton, qui crut l’avoir bien gagne'e en supportant pendanttrois jours les infirmite's et les ine'galite's du marquis, après quoielle le conge'dia. Il revint donc trouver la demoiselle La Cou-perie, ainsi qu’il a e'te' dit par la feuille du 3 de ce mois, et pourl'engager à quitter M. de S'-Germain, comme elle a effectivementfait, il fut avec elle lever des e'toffes pour lui faire deux ou troisrobes qu’il vouloit ensuite retirer des mains de la couturière ;mais comme la demoiselle La Couperie avoit gagne' les devants,et que sur le Me'moire en question, la couturière e'toit de'jà pré-venue de ne remettre ce qu’elle avoit entre ses mains ni à M. deLa Capelle, ni à la demoiselle La Couperie, jusqu’à ce que lesintentions du magistrat lui aient e'te' notihe'es, après bien desmouvemens de part et d’autre, ils viennent de se raccommoder,et la paix s’est faite la nuit dernière. Reste à savoir s’il y entrede la bonne foi de la part du marquis de La Capelle, qui a pourconseil un certain M. de Gailhac ( 1 ), cy-devant dans les Can-tabres, actuellement appareilleur de filles, qui pourrait bien luiavoir insinue' de dissimuler pour mieux jouer son rôle ensuite.
Meunier.
Du 5 décembre 1750.
La demoiselle La Couperie est mieux qu’elle n’a jamais e'te'avec le marquis de La Capelle. Non-seulement il lui a donnétoutes les robes qui ont fait le sujet de la dernière contestation,mais il vient encore de la comprendre, à ce qu’elle dit, sur sontestament olographe, de façon à ne lui laisser aucune inquie'tudesur l’avenir.
Elle doit partir avec lui sous un mois, pour se rendre dans sesterres situe'es en Limousin. Il ira en chaise de poste, et elle enlitière, sous le titre d’une dame de sa connoissance qui vient
(1) Note de Meunier. — Cet homme a été chassé de différens corps, et notamment desgardes du Roy. Les sieurs Durocher et La Chassaigne ont une connoissance parfaite deses aventures. Il fait cependant ici l’important.