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Tome II.
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LES DESSOUS DE L’HISTOIRE

Demoiselle BLOTIN. — Sieur de CHATEAUNEUF(escroquerie)

La demoiselle Blotin, riie des Fossés-de-Monsieur-le-Prince.Bourse de 20,000 livres.

Le 13 mai 1751.

La demoiselle Blotin, âge'e de 22 ans environ, demeure rüe desFosse's-de-Monsieur-le-Prince. Elle a pour amant M. de Château-neuf, qui est capitaine au re'giment de Montmorin, lequel, depuisquelques jours, a loue' un petit jardin à sa maîtresse proche laBarrière-Saint-Victor. La dite demoiselle prête sur gages et neprend que 6 deniers pour livre d’intérêt par mois. C’est le ditsieur de Châteauneuf qui donne les fonds. Il y a apparencequ’elle ne sait pas la manœuvre des courtiers qui lui apportentles effets, puisqu’ils font payer à ceux qui empruntent 2 solspour livre d’inte'rêt pour le premier mois, et 1 sol pour le courantdes autres mois suivans.

Le dit sieur de Châteauneuf est un joueur, et ne subsiste quepar le jeu. Souvent, l’on l’a vu revenir ses poches pleines d’or, etle lendemain retourner au jeu et tout perdre. Il faut qu’actuel-lement il joue avec prudence, pour pouvoir faciliter à sa maî-tresse les moyens de prêter sur gages et de se faire des rentespar cette voye.

C’est à cette Bourse qu’au mois d’août dernier les effets de lademoiselle Pe'lissier ont e'te' porte's par les nommées Leloup,Be'lusse et Le'onard, courtières, lesquelles Be'lusse et Le'onard,courtières, ont demandé 58 louis d’or, et n’en ont porté que 40à la dite demoiselle Pélissier, laquelle leur a fait un billet de1,200 livres payables à trois mois d’échéance. La demoisellePélissier ayant été en campagne, en revint cinq mois plus tardqu’elle ne comptoit, et dès son retour, ayant redemandé leseffets à la dite Be'lusse, en lui payant les 1,200 livres portéesen son billet, la dite Be'lusse l’a amusée, ainsi que la diteLéonard, à cause des 18 louis d’or qu’elles avoient pris de pluset qu’elles ne pouvoient remettre sans beaucoup de peine.

La demoiselle Pélissier présenta un placet au magistrat, le2 du courant, contre la Be'lusse, qui étoit la courtière à qui elle