PAPIERS DE I,A PASTILLE
2Cj5
avoit confié les dits effets, auquel dit placet j’ay répondu le 4 duprésent mois, étant déjà instruit de son affaire, et en ayantrendu compte au magistrat le 24 avril dernier. La dite Bélusse,dans le temps, a remis les dits effets à la dite Léonard, qui les aportés à la dite Leloup, laquelle les a placés à l’endroit susdit.
La Bélusse, que je ne connoissois que pour celle qui avoitreçu en premier les eft'ets, étant venue chez moi, s’est beaucouprécriée contre la Léonard. Ayant dit ensuite qu’il falloit que leseffets soient rendus en ma présence, la Bélusse ne répondit rienet s’en fut trouver la Pélissier, à qui elle dit que je m’entendoisavec la Léonard, et qu’il falloit déposer l’argent chez un commis-saire, et que par ce moyen on obligeroit la Léonard à déclarerl’endroit où étoient les eft’ets.
La demoiselle Simon (1), qui étoit pour lors chez la demoisellePélissier, lui dit que le sieur commissaire Merlin étoit son com-père et qu’il feroit aller l’affaire grand train, comme de fait.Vendredi dernier, 7 du courant, les dites demoiselles Simon,Pélissier et la Bélusse s’en furent chez le dit commissaire Merlin,auquel elles déposèrent l’argent. Le dit sieur commissaire ayantenvoyé chercher la Léonard, la traita durement, malgré les repré-sentations que cette femme lui fit, en lui disant que l’affaire étoitdevant M. le Lieutenant de police, et que j’en avois été chargé.Le dit commissaire lui fit réponse que ces sortes d’affaires neregardoient aucunement la police, et que de son chef, il mettroitl’affaire au criminel et qu’il la feroit décréter. De plus, le ditcommissaire s’émancipa jusqu’à dire qu’il vouloit seul abolirtous les préteurs sur gages, et qu’il prétendoit savoir qui étoitla Bourse où les effets avoient été portés, et qu’il en feroit sapropre affaire. Il y a tout lieu de croire que l’amitié qu’il avoitpour la demoiselle Simon, sa commère, ou la cupidité de retirerun lucre de cette affaire, ce qui lui est ordinaire, l’a fait dans cemoment oublier le respect et la reconnoissance qu’il doit aumagistrat duquel il a reçu la place où il est actuellement. Ildonna ensuite à la dite Léonard pour tout délai deux jours pourfinir cette affaire, i e dit dépôt a été retiré de chez le dit sieurcommissaire, lundi dernier, par la demoiselle Pélissier, chezlaquelle les effets ont été remis le lendemain par les susdites
(1) Note de Dumont. —- Fille entretenue qui demeure rüe de l’Échelle, chez Olive',maréchal. ... . . . ......