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LES DESSOUS DE L’HISTOIRE
charges que les calvinistes? Les uns sont aussi dangereux pourl’État que les autres, et peut-être encore plus ceux-là que nel’e'toient ceux-ci. J’espère que l’Assemblée du clergé demanderaque l’on joigne la Constitution Unigenitus, et même Vineam DeiSabaoth au Formulaire, et qu’on le fasse signer de la sorte non-seulement à tous les ecclésiastiques et religieux, mais à tous ceuxqui prendront les degrés dans quelque Faculté que ce soit, des
Universités, droit, médecine., etc., et que Nosseigneurs les
Évêques soient plus exacts à le faire signer qu’ils ne l’ont été àfaire signer celui d’Alexandre VII, car, par exemple, on ne lefait point signer ni dans Vannes, ni dans Léon, et je ne croispas qu’on l’y ait jamais fait signer, sous le prétexte qu’on nesavoit ce que c’est que jansénisme en Bretagne, et que par là lasignature n’étoit pas alors nécessaire. Je ne sais pas ce qu’on faitdans les autres diocèses de Bretagne, mais je sais bien qu’elle estmaintenant aussi nécessaire en Bretagne qu’ailleurs. Nous ap-prenons avec plaisir qu’on a soutenu en Sorbonne une thèsebeaucoup plus forte que la nôtre qui vient d’être supprimée parun arrêt de votre Parlement, et on nous annonce un livre d’unde vos docteurs pour prouver que la Sorbonne n’a point varié surl’obéissance due à la Constitution. Permettez-moi d’ajouter encoreici une de mes idées pour empêcher le progrès de la contagion.Je voudrais qu’on appuiàt les Mandemens et Déclarations parde bonnes instructions sur l’obéissance due à l’Église, non paspar des livres que peu de gens lisent, mais par de bons sermons,et que les prédicateurs, surtout dans les villes, traitassent cesmatières en forme de controverse, car certainement le monden’est point assez instruit, et de là est-il si facile de l’induire àl’erreur. Je crois que pour les personnes qui regardent avecindifférence les disputes présentes, ce qui ne vaut guère mieuxque d’être déclaré pour le mauvais parti, à peine y en a-t-il unequi pense comme il faut. Du moins tel est le système de ce pays-ci, qu’on dit pourtant être le moins gâté, et ce qu’il y a defâcheux, c’est que les partisans de l’erreur parmi le monde sontbien plus ardens pour faire valoir leur erreur, et sont plus enétat de le faire, par la lecture des mauvais livres qu’on leurfournit, que les bons catholiques, parce qu’ils ne sont pas assezinstruits, au moins sur l’obéissance due à l’Église et l’horreurque tout bon catholique doit avoir pour les hérétiques ou schis-matiques.