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LES DESSOUS DE I.'hISTOIRE
Le Conseil est bien composé,
Je l’ay parfaitement formé :
En mille ans personne, je pense,
N’eût pris Orry pour la finance-,
Il est bête, dur et fripon,
Mais, au demeurant, j’en réponds.
Breteuil n’est qu’un freluquet,
Je l’aurois déjà chassé net,
Mais dans vingt ans, trente ans peut-être,Il en sçaura plus que son maître,
S’il s’applique, car DuvernayLuy enseigne tout ce qu’il sçait.
Pour Amelot, quand je l’ay pris,
C’étoit pour être mon commis,
Car en matière de politiqueChacun sçait que je suis unique :
Tout seul, j’ay l’Europe mené :
Elle se tait quand j’ay parlé.
Le Maurepas est un sujet,
Mais trop remply de son objet;
Il veut élever la marine,
Et ce seroit notre ruine :
J’ay toujours barré ses desseinsDe peur de fâcher nos voisins.
J’ay mis au Conseil d’Argenson :
C’est un fort aimable garçon :
Propos de table, de ruelle,
Il jase de tout à merveille :
Prenez-le, Sire, en attendantPour vos petits appartemens.
Quoyqu’il vaque, on peut hardimentL’y placer indifféremment,
Je le sçais par expérience :
Il ne faut ni talent, ni science,
Tout homme est bon à tout métier :Voyez Orry et Tonnelier.