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Tome II.
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LES DESSOUS DE L’HISTOIRE

Serpens et papillons, singes et vers de terreComposoient seuls toute sa Cour.

Elle avoit pour dames d’atourEt la sangsue et la vipère,

Et pour partager ses travaux,

Elle avoit mis au MinistèreUn paon, le plus vain des oiseaux,

Qui, pour la flatter et luy plaire,

De tout l’aidoit à s'emparer :

Le peuple ne pouvoit qu’à peine subsister.

Les animaux enfin perdirent patience,Clabaudèrent contre elle et contre Sire Anon ;Les chiens furent choisis pour faire remontrance

.(U-

Mais mauvaise fut l’ambassade :

La réponse fut la ruade.

Aussitôt le peuple irrite'

De cet abus d’autorite',

Cessant d’être fidèle,

Voulut être rebelle;

D’agneaux qu’ils avoient e'te' tousIls devinrent autant de loups :

— Chassons, dirent-ils, du trôneCette drôlesse et ce butor,

Et nous donnerons la couronneAu frère aîné qui plaint notre malheureux sort.Comme ils délibéroient sur cette grande affaire,Jupiter intervint et leur dit : — Mes amis,

Vos chefs sont-ils vos ennemis?

Laissez aux dieux le soin de votre Empire :

De son Roy le sujet ne doit jamais médire;Quand il seroit méchant, soyez respectueux,C’est en se soumettant que l’on fléchit les dieux.

(i) Ce vers manque dans l’original.