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I.F.S DESSOUS DE l’hISTOIRF.
Fourbes vindicatifs, avares scélérats.
Rimeur, me dit l’un d’eux, oses-tu bien écrireCe que La Briffe même ose à peine nous dire?
Encor ne se sert-il que de ce style heureux,
Qui sans nous irriter rend nos défauts affreux.
Ouy, ma verve, il est vray, se tournoit en furie;
Muse, ne prenons plus qu’un ton de raillerie;
D’accord, mais qui railler? Tant de gros partisans.
Hé bien! nommons-les donc fous simples, bonnes gens.
Bonnes gens? Et pourquoy? C’est que ce qu’ils vont prendre,
Ce n’est qu’en bons larrons. Ils sont sûrs de le rendre.
Ne nous fâchons donc plus des airs d’ambassadeurQu’a tel gros financier, nommé jadis Lafleur.
Patience, un beau jour, leurs fleuves d’opulenceRejoindront l’Océan des trésors de la France.
Mais puisque nous voilà sur les fous innocens,
En voicy deux ou trois des plus divertissans :
Quand un rimeur grossier récite avec emphaseCe qui sur le Parnasse endort jusqu’à Pégase,
Quand un homme alité fait cas d’un médecinQui sçait tout, excepté l’art de le rendre sain,
Quand un fils de maçon prend des armes si belles,
Qu’un peintre y va la nuit ajouter deux truelles,
Quand mille sots pareils font rire l’univers,
Ne bâtissent-ils pas leur loge dans mes vers?
Mais ne dois-je pas là m’en faire une à moy-même,
Qui crois pouvoir guérir avec mon seul poèmeDes fous que je verray le lire avec horreurEt changer contre moy leur folie en fureur?
Qu’ils songent toutefois qu’en ne nommant personne,J’adresse au seul public les avis que je donne,
Et que si je m’échappe à nommer deux rimeurs,
C’est qu’ils sont morts depuis, ce n’est point pour les mœurs.Depuis le jour fatal que l’abbé de Persagne,
Malgré moy, dans mes vers, s’est cru nommé Sotagne,
Moy qui suis scrupuleux, je crains comme l’enferD’user dans mes écrits même de noms en l’air.
Tel qui rime à ces noms croit toujours qu’on le pique,
Le peuple aussy le croit. Un auteur satyriqueDépeignit l’autre jour un fou plein de fierté,