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Tome II.
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PAPIERS DE TA BASTILLE

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Et faire toujours trop ce que je fais trop peu.

Moy, je ne raille ici qu’un seul de tous les Moines,

Mais il les peindrait tous comme de faux Antoines :

Ces Moines, diroit-il, ont d’e'tranges de'fauts :

Ceux qui ne sont qu’oisifs sont les Bons de Clairvaux;

Dès qu’un Célestin tousse, il lui faut de la viande;

La jambe du Feuillant sent la pâte d’amande;

Le Capucin voyage un mois pour prêcher un sermon (sic) ;

Le Fontevrault s’occupe à tripler son menton ;

Le Carme est devenu marchand de scapulaire;

Parmi les Jacobins plus de foi qu’au Rosaire;

La guerre au Re'collet donne un air cavalier;

Le Cordelier, enfin, est toujours Cordelier.

Juvénal prêche ici, je ne suis qu’un copiste,

Car croit-on que jamais j’aille, à la calviniste,

Traiter de faux reclus tous ces hommes divinsEt de'canoniser tant de milliers de saints?

Un pre'lat de Belloy fut dans cette manie :

M’auroit-il en mourant re'signe' son ge'nie?

Quoy! Dès qu’un seul Chartreux s’e'rige en gazetier,

Tout son ordre ce'leste est du même me'tier;

Et je de'clareroy tout un couvent faussaire

Pour des titres qu’un Moine aurait sçu contrefaire?

Un d’entre eux a change' sa Bible en Alcoran,

Donc, tout coqueluchon est devenu turban ?

Toutefois, à la Cour, où le seul froc fait rire,

Tout Moine paraît fou quoyque j’en puisse dire;

Mais sçais-tu, courtisan, que ces pre'tendus fous,

Tandis que tu ris d’eux, tu les fais pleurer tous?

Tous, ouy tous, car l’abîme où tu te pre'cipitesNe les rend-il pas tous de pieux He'raclites?

He'! qu’est-ce que la Cour? C’est un peuple en fureur,

Qui de traits me'disans s’entreperce le cœur.

Là, l’honnête homme est seul quand le sort l’abandonne;L’honneur n’y conclut rien quand l’inte'rêt raisonne;

On oblige à la Cour pour mieux de'sobliger,

On ne pardonne là que pour mieux se venger.

O Cour, maligne Cour, quelle est donc ta folie?

Celle des fous malins qu’on enferme et qu’on lie.

Autres fous dangereux ce sont nos Magistrats,