Band 
Tome II.
Seite
351
JPEG-Download
 

PAPIERS DE LA BASTILLE

35 I

Voilà, grand Pontife, le crimeQui nous attire ton courroux,

Une foy sainte et le'gitime,

Foy que nous avons parmy nous,Sicut in cœlo.

Notre Ministre brave et sageEût e'té vu d’un œil humain,

Si la France comme un esclaveEût cru le Pape souverainEt in terra.

L’autorite', dont Rome abuse,

Doit fonder notre sainte foy :

L’on nous me'prise et l’on refuseAu Ministre d’un si grand RoyPanem nostrum quotiàianum.

Peut-on rien voir de plus e'trange?Grand Roy, punis cet attentat!

Que ton bras terrible nous venge !

Le sang de tous ces sce'le'ratsDa nobis hodiè.

Mais que dis-je? ton ardent zèleS’oppose à ton ressentiment :L’Église te dit : Roy fidèle,

Souffre pour Dieu ce traitementEt dimitle.

Il pardonne, ce Prince illustre,Quoyqu’on ait viole' le droit.

Rome, ta grandeur et ton lustre,

A quel peuple est-ce qu’on les doit?Nobis !

Les vaillans soldats de la FranceOnt fait pour toy de grands exploits,Et pour augmenter ta puissance,

Ils ont augmente' mille foisDébita nostra.