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LES DESSOUS DE L’HISTOIRE
CINQUIÈME PARTIE
A. — NOUVELLES A. LA MAIN
EXTRAIT DES LETTRES DE PARIS
Des 13 et 16 janvier 1747.
La révolte des Génois a causé pendant quelque temps une joieextraordinaire à la Cour, et l’on s’e'toit si bien flatté d’en tirerl’avantage qu’on s’e'toit promis en fomentant ce soulèvement,qu’aussitôt qu’on en reçut la nouvelle à Versailles, tout fut enmouvement.
Un courrier fut aussitôt chargé d’en aller porter la nouvelle àChambord au maréchal de Saxe, qui le renvoya chargé de dé-pêches contenant son avis sur les mesures que la Cour devoitprendre pour mettre cet événement à profit. Sur cet avis, le Royfit appeler le ministre de la guerre, le cardinal Tencin et lemaréchal de Noailles, qui, depuis neuf heures du soir, demeu-rèrent enfermés jusqu’à onze heures et demie avec Sa Majesté,qui, au lieu de souper ce soir-là à son grand couvert, commeil étoit ordonné, se fit servir dans sa chambre à coucher. Leministre de la guerre s’e'tant retiré chez lui, fit inviter le ducd’Huescar, qui étoit resté chez le Roy, et après un long entretien,M. d’Argenson travailla à l’expédition de deux courriers, quimontèrent en même temps à cheval vers les cinq heures, l’unpour Montpellier, en Languedoc, et l’autre pour le maréchal deBelle-Isle, en Provence, à qui la Cour envoyoit des ordres derassembler tous les corps détachés, de se rapprocher du marquisde La. Minas, et de former et poster son armée de façon àpouvoir marcher à l’ennemi aussitôt que tous les renforts au-roient joint, et qu’il se croiroit assez en état de pouvoir avecsuccès engager l’ennemi à une bataille générale.
Pendant ce temps, la Cour reçut cinq courriers de Provencedans l’espace de treize jours, outre les lettres ordinaires, dont les