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Tome II.
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PAPIERS DE LA BASTILLE

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avis ont nourri l’espérance du succès qu’on espéroit en Provencede la révolte des Génois. Mais le 29 décembre, il en arriva unde Provence, dépêché par M. de Belle-Isle, qui fit perdre toutespoir. Ce général marquoit au Roy que les marches précipitéesdes Autrichiens l’avoient obligé à changer les mesures qu’il avoitprises pour couvrir Toulon, dans la crainte d’être coupé et arrêtépar l’armée ennemie, et de ne pouvoir plus recevoir ses renfortsni communiquer avec les Espagnols, puisqu’il venoit d’être as-suré que l’intention du général autrichien étoit de marcher droità Marseille et de faire un gros détachement pour Aix. Que surcet avis, il avoit jeté un renfort de 4,000 hommes dans Toulonet environ 2,000 hommes à Auriol, Roqueraire, Aubagne et àSainte-Baume, et que par cette disposition, il se trouvoit éga-lement à portée de couvrir Aix et Marseille en attendant ses

renforts., etc. Suivant ce que marque le maréchal de Belle-

Isle, il désespère de pouvoir sauver la Provence, si la Cour nelui envoyé pas encore un renfort de i5 à 20,000 hommes, parceque son armée s’affoiblit considérablement par les maladies et lesdétachemens, et que les plus forts bataillons qui lui sont arrivésde renfort montoient à 38o, 400 et 420 hommes, pendant quele ministère de la guerre les compte sur le pied de 700 ou65o hommes au moins, ce qui fait presque une diminution demoitié.

Soit à l’exemple du Roy de Prusse, ou soit que les circons-tances le demandent, le Roy Très-Chrétien travaille seul, etassiste régulièrement aux Conseils et conférences, qui sont fré-quens depuis que les Autrichiens triomphent en Provence.Malgré cela, on remarque que Sa Majesté n’est pas moins exacteà rendre fidèlement ses devoirs à la marquise de Pompadour. Sice Monarque fait des pertes en Provence, il sait s'en dédommagerauprès de cette favorite, qui ne reçoit aucune vicissitude destroubles. Sa table est somptueusement et délicatement servie.Ses ameublemens sont des quatre saisons et annoncent en toutla volupté. Cent courtisans s’empressent d’assister à sa toilette ets’efforcent d’être utiles à l’amoureux mystère, du moins pendantl’absence du duc de Richelieu. Le Père Boyer, Théatin, évêquede Mirepoix, dirige la vertu de cette divinité, en qualité de chefdu conseil de conscience, et lui présente les lettres de cachet enblanc pour remplir les noms de ceux ou celles qui ont le malheurde déplaire à cette Montespan de nos jours. Voilà l’allure de la