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Tome II.
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PAPIERS DE LA BASTILLE

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avoit un très-grand nombre de volumes de livres pour un nomméM. Croslârd, curé de Fontainebleau. C’est un monsieur que jene connois point, mais vous pouvez compter sur tout ce que j’ayl’honneur de vous écrire.

Un bourgeois de Paris est parti depuis quatorze jours de LaHaye, qui fut chargé de neuf tomes pour ce M. Croslârd, avecquelques sermons françois du ministre Coira (?), dont le Synode,actuellement assemblé à La Haye, fait le procès, en conséquencede certaines propositions qu'il a avancées sur la Bible. On est forten peine de savoir si ces livres sont arrivés à bon port. Plusieursde ces Barbichets ont des relations en Hollande, mais je ne saispas leurs noms, non plus que ceux de deux jeunes religieux,apparemment Chartreux, arrivés à Ponvüen (?) ; je crois vous enavoir parlé.

Comme vous m’ordonnez, par votre dernière lettre, de vousfaire part des nouvelles découvertes que je pourray faire, voilàce que j’ay appris depuis ma lettre datée de Rotterdam. Cepen-dant, j’ay cru que je devois y joindre ici une copie fidèle d’unelettre de M. Spinelli, nonce du Pape à Bruxelles, en date du17 juillet 1730, en espérance de vous remettre l’original en mainpropre à Paris, si vous en avez besoin.

C’est une réponse que ce prélat me fait au sujet des avis queje lui donne pour des affaires qui se sont passées en Hollande,et de là à Rome, qui le regardent de bien près, puisque cela luia attiré quelque reproche de la part du défunt pape; j’en ay vu,en la lettre de Hollande, avec autre chose.

Et sur ce que je lui mandois en confiance que l’évêque deBabylone ne paroissoit pas avoir beaucoup de confiance dans laCour de Rome, mais beaucoup en celle de France, ce qui medonna lieu d’en écrire à Monseigneur de Jumelin, garde dessceaux et ministre des affaires étrangères, et comme je témoignoisà M. le Nonce que cette voie me paroissoit la plus sûre et laplus efficace pour tirer cet évêque de Hollande, en obtenant deM« r le cardinal de Fleury de le mettre sous la protection du Royen attendant que ses affaires se régleroient à Rome, voilà laréponse que ce ministre, que je n’ay pu voir trahir en Hollande,m’a faite : « Je vous prie de bien lire la copie de sa lettre, et vousjugerez si on s’est trompé en souhaitant à ce prélat une autrenonciature que celle de France ».

J’ay aussi à vous faire part d’une conversation de trois heures

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