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Tome II.
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LES DESSOUS DE I/HISTOIRE

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que j’ay eue avec M^ r le cardinal d’Alfatte, qui est très-brouilledans ce pays-ci avec presque tout le monde, car je ne sais siM. le Nonce de Bruxelles et lui sont si grands amis.

Ces messieurs ne paroissent pas avoir pour les François et laFrance toute l’estime qu’ils me'ritent. J’ay eu l’honneur de leurparler avec le plus de sagesse et de respect qu’il m’a e'te' possible,et il e'toit même nécessaire que je les visse pour des affaires deconse'quence de la mission de Hollande, où tout est brouille'parmi les prêtres se'culiers et les moines. On impute tout ce malà un nomme' Goguelt (?), prêtre hollandois, qui est devenu grandvicaire de M® r de Malines, qui est aussi la cause de plusieursprocès que son e'vêque a intente's à beaucoup de particuliers, etil les perd tous. Il est brouille' aussi à la Cour de l’archiduchéaussi bien qu’à Vienne : je vous en diray les raisons à Paris etbien d’autres choses que cette Eminence m’a dites, mais que jene puis e'crire. L’e'vêque de Babylone m’a assure' que sans MR r lecardinal d’Alfatte, il seroit venu en France pour se justifier,mais qu’ayant appris que ce cardinal avoit fait expe'dier desordres pour l’arrêter sur les terres de l’Empire, il avoit pris sonparti de demeurer en Hollande.

Monseigneur l’Électeur de Cologne est incognito à La Haye avecl’e'vêque de Ratisbonne et un Prince en habits se'culiers. L’am-bassadeur d’Angleterre leur a donne' un magnifique repas, suivid’un bal et de la come'die, à laquelle ils ont de'jà assisté deux outrois fois.

M. le Nonce de Bruxelles m’a dit qu’il resteroit encore quelquetemps ici, et selon ce que j’en ay pu juger, il préférera quelqueautre nonciature et la place de maître de chambre de Sa Sainteté.Je l’ay trouvé d’une consternation étonnante : je lui ay peu parléde la nonciature de France; il m’a cependant dit qu’il s’étoittoujours attendu à ce qui arrivoit, parce qu’il se trouvoit sujetde l’Empereur. Nous passâmes ensuite un temps considérabledans une salle à côté de son jardin, écartée de ses appartemens,mais il auroit eu beaucoup de goût pour la nonciature de France.J’espère, Monsieur, que vous aurez assez de charité pour sup-pléer aux fautes qui sont dans ma lettre et la bonté de me croireavec un très-profond respect, Monsieur, votre très-humble ettrçs-obéissant serviteur,

JOUBERT,

Chevalier de Saint-Lazare.