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Tome II.
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PAPIERS DE LA BASTILLE

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Communes pour le 22 de ce mois vieux style, et ils l’obtin-rent. Il y a apparence qu’ils proposeront alors de rendre lesParlemens triennaux. Ils ont envie de faire quelque autre pro-position dans la suite pour s’assurer à d’autres débats, maisils n’ont encore rien conclu entre eux là-dessus. Malgré cesdébats et cette diversité de sentimens pour ce qui regarde biendes affaires, ils continuent cependant tous ici à être unis et d’unmême sentiment pour ce qui concerne la guerre entreprise : onne demande qu’à la pousser avec vigueur. Ce qui en arrivera,Dieu le sait, car jusqu’ici il nous paroît que certainement laFrance n’ait pas envie de s’en mêler, à moins qu’elle ne s'ycroye obligée par quelque succès important du côté des Anglois.M. Finck, qui va à Pétersbourg, est pressé de partir; si votreCour envoyé le caractère d’ambassadeur au prince Scherbatow, ille prendra aussi dès son arrivée à Pétersbourg; il en portera leslettres en poche. M. Keith a été parfaitement bien reçu ici : toutce qui viendra de chez vous ou qui lui appartient ne sauroits’attendre qu’à un accueil des plus gracieux à cette Cour, dans ladisposition où se trouvent les choses entre les deux puissances.J’ay vuidé le fond du sac de ma politique : je ne crois pas qu’ilme reste autre chose à dire là-dessus. Venons à présent à lamusique : je vous assure, Monsieur, que je suis charmé desnouvelles que je reçois de Turin, par rapport à notre Bertoldi :on me mande qu’elle y est extrêmement goûtée et qu’elle pourrafaire crever la Strada et devenir furieux il signore Strada del B.,son mari, parce que notre Bertoldi y efface en tout la grimaçeurede sa femme, qui déplaît au souverain degré. Handel avoit an-noncé un oratorio dans le théâtre de Linconsinsfields pour cesoir, mais à cause du froid, qui est revenu plus beau que jamais,il l’a remis à un autre jour, réservé in pectore. La première chan-teuse qu’il a est devenue baleine, tant elle est engraissée. Dureste, elle est toujours sur le pied que vous l’avez laissée. Notreconcert métamorphosé en opéra réussit mieux : on y va et on ypeut aller, parce que réellement le Pasticcio de Aier (?) est assezbien composé et puis qu’on est dans le goût des Pasticci. LesCuimiez (?) sont après à en dresser un nouveau sur le moule denouvelles paroles del nostro Arcipoeta Rolli, qui est intime demilord Middlesex, et de la première et dernière actrice, la signoraMoscovita (?), laquelle, au retour de la Francessina, est devenuebien maigre; mais quant au métal de la voix, ces deux person-