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LES DESSOUS DE I.’hISTOIRE
nages femelles marchent d’accord, parce qu’elles l’ont moins bonque l’anne'e passée. Caretini a perdu aussi, à ce que je trouve,beaucoup de sa voix, mais en revanche il se ménage mieux qu’il♦ ne faisoit, et par conséquent, je l’aime mieux. Vous avez à Parisnotre milord Clinton : faites-moi le plaisir, si vous le voyez,de l’embrasser et de lui dire mille bonnes choses de ma part,et de lui chanter pouille aussi de ce qu’il nous a abandonne's.Enfin, j’ay eu le bonheur de parler pour la première fois de cetteannée à notre charmante M lle Fortcrue, mardi passe', à l’Ope'ra.Je lui ay dit que j’avois quelque commission pour elle de votrepart, et moyennant cette innocente tricherie, elle m’a re'ponduqu’à l’avenir je la trouveray à la maison : je compte d'avoirl’honneur de m’v aller présenter demain à la porte. J’admire legoût de la Barberini pour l’heureux insulaire qui a su gagner sesbonnes grâces, non pas pour ce qui regarde la figure du gentil-homme, il n’y a rien à dire, mais pour ce qui est de sa conduiteet de ses manières. Il a fait bien des e'tourderies et des fracasdepuis qu’il est ici. Que dites-vous, Monsieur, du pauvre milordScarborough, qui, mardi passe' huit jours, après avoir bien dîne'et se portant très-bien quant à la santé du corps, prit la peine dese mettre un pistolet dans la bouche pour se tuer? En vérité', iln’y a qu’ici où pareilles frénésies arrivent si souvent. La pauvreduchesse de Manchester, avec qui il devoit se marier en peu detemps, et selon d’autres en peu de jours, est si touchée de cetriste événement, qu’elle en est extrêmement malade, et on craintpour sa vie. Notre M. de Cambis est enfin parti pour l’autremonde : après avoir été dans un état de dépérissement pendantplusieurs semaines, il eut, vendredi au soir, une hémorragie parla bouche et par le bas qui lui ôta toute connoissance, et deuxheures après il mourut. M me de Cambis partit lundi matin pourParis. Elle rencontra à Cantorbery M. son frère, qui venoit lachercher. Est-ce que la France enverra un nouvel ambassadeurqui aura soin, en attendant, de ses affaires ici? La perte de M. leduc de Bourbon est bien grande pour MM. les Anglois surtout,qui en recevoient tant d’honneur. La fin du papier m’annoncequ’il faut finir de barbouiller davantage : je vous demande,Monsieur, la continuation de votre chère et précieuse amitié, envous assurant que je cesseray plutôt de vivre que d’être, Mon-sieur, le très-humble et très-sincère serviteur de Votre Excellence..
A Londres, ce 18 février 1740.