PAPIERS DE LA BASTILLE
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la remise de ses papiers, de son échelle et des outils qu’il avaitimprovise's pour sa première e'vasion de cette prison d’Etat. Letout fut exposé dans la cour du Louvre, avec le portrait de Latudepar Vestier. Une brochure publiée en 1787 prétendait que l’his-toire de Latude était une invention renouvelée de Bucquoi.
En 1791, Latude sollicita des secours de l’Assemblée consti-tuante; sa pétition, appuyée par Bamave, fut renvoyée à l’examend’une Commission, mais à la suite de quelques débats, l’As-semblée passa à l’ordre du jour. L’année suivante, il réclamade nouveau, et un secours de 3,000 fr. lui fut accordé.
En 1793, Latude forma une demande en dommages-intérêtscontre les héritiers Pompadour et Amelot, et un jugement duTribunal du sixième arrondissement de Paris, en date du 11 sep-tembre, lui accorda 60,000 livres, mais il n’en toucha que 10,000.Il tomba ensuite dans le plus profond oubli, et mourut le i er jan-vier i8o5.
Malgré toutes les répétitions et toutes les inepties dont elle estremplie, nous avons cru devoir transcrire in extenso cette premièrepartie des Mémoires de Latude, pour que le lecteur puisse serendre exactement compte du style, du caractère et de l’étatd’esprit de son auteur.
Quand on a parcouru ces lignes, où les raisonnements les plusétranges se croisent et s’enchevêtrent avec les redites les plus in-supportables, on reste convaincu que Latude n’était pas un cri-minel dans le sens légal du mot, mais un malheureux maniaque,dont la folie et les hallucinations relevaient bien plus des Petites-Maisons que du dopjon de Vincennes ou des cachots de la Bas-tille, et qui ne retrouvait toute sa lucidité que pour combiner eteffectuer, avec une rare habileté, quelque nouvelle évasion.
Il suffit, en effet, de se reporter aux pages où il raconte par lemenu les motifs de son arrestation, et où il fait à tout proposintervenir le démon dans les incidents les plus vulgaires de sonexistence, pour que son état permanent de folie ne puisse êtremis en doute, et si ses évasions multipliées et ses souffrancesimméritées n’avaient pas entouré son nom d’une sorte de lé-gende, ses Mémoires ne seraient de nature qu’à inspirer unintérêt des plus médiocres.