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Tome II.
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PAPIERS DE LA BASTILLE

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«son gouvernement, en attendant que le sien'fût re'paré, et« ensuite les reprendre sans blesser vos droits, et encore moins» vous manquer de respect. Mais Votre Altesse luy a fait un» affront réel, et comme il y a de la grandeur d’àme à recon-» noltre une erreur et à la réparer, nous osons luy conseiller» de mander le marquis de Voyer et de luy rendre ses bonnes» grâces. Mon Prince, ce gentilhomme est une cre'ature de votre» maison, un lieutenant général que Votre Altesse ne doit pas» me'priser., etc. »

Il est sans doute qu’on va me dire : « Mais, Monsieur le» prisonnier, vous êtes un fou et un extravagant d’oser attribuer» cette dispute aux ensorcellemens de la marquise de Pompadour,» car par quel intérêt voulez-vous que cette femme ait envoyé» ses prétendus démons, un dans le corps du duc d’Orléans, et« un autre dans celuy du marquis de Voyer, et que par leur ope'-» ration elle ait brouillé ce Prince avec ce gouverneur? Par le« peu de vraisemblance qu’on voit dans cette affaire, vous méri-« teriez qu’on vous mît aux Petites-Maisons. »

Messieurs les examinateurs, je n’avance jamais aucune propo-sition que sur-le-champ je n’en fasse la solution. Comme les

démons de la marquise de Pompadour, depuis plus de vingt ans,dévoient sçavoir que moy, Henri de Masers, je découvrirois,par la miséricorde de Dieu, les ensorcellemens de cette magi-cienne., vous ne sçauriez trouver extraordinaire que, dans un

cas comme celui-cy, ces démons, pour m’empêcher de prouver àtout le monde que la marquise de Pompadour étoit une magi-cienne, se soient emparés des sens du duc d’Orléans et dumarquis de Voyer, et les ayent fait brouiller pour éloigner legouverneur de la prison où je me trouve. Car vous ne sçauriezdisconvenir que si le marquis de Voyer eût résidé icy dans songouvernement, où je suis détenu pour la seconde fois depuis plusde dix ans et demi, il eût visité les prisonniers, comme faisoitautrefois son prédécesseur, le marquis du Châtelet, et qu’as-surément, s’il avoit examiné mon Mémoire, et surtout la sec-tion XXIV, où il est prouvé que feu son père fut disgracié parun coup d’ensorcellement, très-certainement il auroit forcé leMinistre ou le Lieutenant général de police de le faire examiner,en ma présence, par des gens de haute science, et qu’à leur refusil auroit eu recours au Roy.

Nota. — Voilà précisément le point qui a été cause que les