LES DESSOUS DE L’HISTOIRE
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paroles, ce n’e'toit point le comte de Saint-Florentin qui luvparloit, mais c’e'toit le de'mon même qui s’exprimoit par sa.bouche, car en me faisant sçavoir cette re'ponse, il me fît direqu’il ne vouloit plus..
INTERVENTION DES DEMONS
. Pour la seconde fois, de la Bastille je fus transfère' dans
le donjon de Vincennes, la nuit du 15 au ib de septembre 1764,et comme il est ordinaire que tous les gouverneurs visitent detemps en temps les prisonniers, je demanday à mon porte-clefsla raison pourquoy M. le marquis de Voyer ne venoit pas mevoir. Sur quoy, ce domestique me raconta le fait que voicy : M. lemarquis de Voyer, notre gouverneur, ayant fait venir de fort loinplusieurs daims pour peupler un parc qu’il a dans une de sesterres, il les fit mettre pendant quelque temps dans le parc deVincennes. Ensuite, il loua un^ certaine quantité de monde, etavec de grands filets, il fit reprendre tous ses daims et les envoyadans son propre parc. Monseigneur le duc d’Orléans, ayantappris cela, entra dans un furieux courroux, et sur-le-champ, ilfit défendre au marquis de Voyer de chasser dans sa capitaineriede Vincennes.
Or, après un pareil affront, vous pouvez bien juger qu’il nepouvoit plus résider dans le château de Vincennes, ne pouvantplus aller à la chasse, le seul plaisir qu’il pouvoit prendre.
Présentement, il s’agit d’examiner si cette affaire n’arriva paspar un coup d’ensorcellement.
Pour peu que vous y réfléchissiez, vous verrez assurément que,sans un ensorcellement évident, quelque ami, je ne dis pas dumarquis de Voyer, mais du Prince même, n’auroit pas attendujusqu’aujourd’huy à luy ouvrir les yeux, en luv disant à peuprès ces paroles :
« Monseigneur, si le marquis de Voyer avoit volontairement» offensé Votre Altesse, nous nous garderions bien de vous« parler pour luy. Mais comme nous nous intéressons à votre» gloire, nous vous prions de considérer que s’il a eu le malheur» de vous déplaire, ce n’a été assurément que par un cas in-» nocent. Ce gentilhomme est gouverneur de Vincennes et de ses» dépendances, et selon l’autorité que sa charge luy donne, il a» cru pouvoir mettre cinq à six bêtes fauves dans le parc de