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Tome II.
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PAPIERS DE LA BASTILLE

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» conservation de leurs vies et de leurs biens que non pas de se» laisser détruire par nos ennemys? Allez-vous-en faire voir cette» belle culotte aux malheureux Saxons, et ne soyez point le» premier à empêcher mes peuples de me secourir. » Il estcertain que si le Roy l’avoit tourne' en ridicule, tout le monde enauroit fait de même, et que le duc d’Orle'ans seroit retourne' chezluy fort confus, en jurant de ne plus remettre cette culotte, cartout le monde sçait que ce Prince a beaucoup d’esprit, et parconse'quent, que sans ensorcellement, luy mieux que personne

auroit vu les besoins extrêmes de l’État.

Vous devez donc voir clairement que si véritablement la mar-quise de Pompadour n’avoit pas mis un démon dans le corps de

Sa Majesté., à l’aspect d’une simple culotte, qui ne prouvoit

rien de solide, le Roy n’auroit pas banni injustement de sonConseil la meilleure tête qu’il y avoit dans son Royaume, etprécisément dans un temps de guerre où il avoit ün besoin

extrême d’un homme tel que luy.

Il m’a été dit également qu’après la mort de la marquise dePompadour, le marquis de Marigny, son frère, fut trouver leRoy, et qu’il luy dit que pour ne pas exciter de l’envie et de lajalousie, il venoit luy apporter la démission de ses charges, etque Sa Majesté luy répondit : « Je suis fort content de vous : je» veux que vous les gardiez ».

Attention ! Le Roy ne pouvoit point ignorer que le marquis deMarigny venoit d’he'riter de sommes immenses de sa sœur, parle fonds de 5oo,ooo livres de rente, qu’elle avoit offert de donnerà sa fille en voulant la marier avec le fils du duc de Chaulnes,

et l’on dit même que Sa Majesté s’offrit à être sa caution.

De cette affaire, on peut tirer cette juste conséquence que ledémon commanda au marquis de Marigny d’aller porter la

démission de ses charges au Roy., qu’en faisant semblant

de ne plus en vouloir il les luy assurât, et qu’en même temps,il le rendit beaucoup plus respectable qu’il ne l’étoit par l’a-gréable réponse qu’il luy fit par la bouche de Sa Majesté. . . .

INFLUENCE DE M me DE POMPADOUR

Les autres maîtresses auroient dû avoir beaucoup plus depouvoir qu’elle (M me de Pompadour), et cependant, elles n’enavoient point du tout. Ainsy, jettez les yeux sur M 11 * de Ro-