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LES DESSOUS DE L’HISTOIRE
meusse, aujourd’huy marquise de Chavanac. Assure'ment, ellee'toit bien plus belle, jeune, noble, et elle avoit plus d'esprit quela Pompadour, car celle-cy, sans l’appuy du démon, n’auroit étéqu’une sotte en comparaison de l’autre.
M lle de Romeusse avoit des sentimens nobles, généreux, uncœur bienfaisant, et la marquise de Pompadour e'toit une hip-pocrite, c’est-à-dire un démon sous la figure humaine; lediable ne luy auroit point donne' des leçons de cruauté', et pourl’avarice, tout le monde sçait qu’elle auroit vendu le Roy et sonRoyaume.
M lle de Romeusse avoit eu un fils du Roy. Ce tendre gage deson amour devoit naturellement redoubler sa tendresse pourcette maîtresse; cependant, avec tous ces avantages, Sa Majesté'la rele'gua à Sens, avec une mise'rable pension de 12,000 li-vres. Dans le public, on ne disoit point que c’e'toit le Roy quil’avoit disgracie'e, mais que c’e'toit la marquise de Pompadourqui l’avoit fait exiler à Sens, parce qu’elle avoit trop d’esprit, etqu’elle luy faisoit exiler de même toutes les autres maîtresses quiluy faisoient ombrage.
N’est-ce pas elle, d’ailleurs, qui fit faire l’abbe' comte de Bernisministre, chevalier du Saint-Esprit, cardinal, archevêque d’Alby,et ensuite, ne le fit-elle pas disgracier, pour avoir refuse' de luydire ce qui s’e'toit passe' dans le Conseil du Roy? « Je vous ay,» luy dit-elle, tire' de la poussière, et je vous y remettray », etsur-le-champ, elle le fit exiler.
N’est-ce pas elle qui fit Contades mare'chal de France? •
N’est-ce pas cette magicienne qui fit Machault contrôleur ge'-ne'ral des finances, garde des sceaux ?
N’est-ce pas elle qui a fait le comte de Choiseul duc et pairde France, chevalier du Saint-Esprit, ministre?
N’est-ce pas elle qui a fait le comte de Baschi chevalier duSaint-Esprit, ambassadeur?
N’est-ce pas elle qui a fait le marquis de Lugeac gouverneurdu Toulois, capitaine des grenadiers du Roy à cheval, et enoutre, ne luy a-t-elle pas donne' une belle terre par-dessus lemarché, pour avoir e'pousé une de ses cousines?
N’est-ce pas elle qui fit donner à son oncle Tournéant lacharge de surintendant des Bàtimens?
N’est-ce pas elle qui fit donner cette même charge au marquisde Marigny, son frère, avec celle de secre'taire de l’ordre du Saint-