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Tome II.
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PAPIERS DE LA BASTILLE

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» manque d’air est le plus abominable de tous les supplices-, car» un homme ne peut ni vivre, ni mourir : il souffre un martyre» au-dessus de toute expression. Que si Dieu me faisoit la grâce» de sortir d’icy et de pouvoir m’approcher du Roy — en sa» présence on ne met qu’un genou en terre, mais je les mettrois» tous les deux— pour supplier la miséricorde de Sa Majesté d’en-» voj^er un de ses médecins visiter ces deux exécrables cachots;» mais il y a un mal qu’il ne sçauroit connoître, et le voicy :» c’est que, quand il n’y a personne dans ces cachots, on en» laisse les portes ouvertes, et, en dix à douze jours, l’air les» desséchant de même que les portes, et alors il y entre un peu» plus d’air par les engrenures, et en voyant qu’il y a assez de» place pour contenir un homme, il ne manqueroit point de» rapporter que ces cachots sont supportables. Mais pour luy» faire connoître en plein qu’ils ne le sont pas, il faudroit luy» faire faire cette visite immédiatement quand ils sont occupés,

» où l’humidité est dans son plus haut degré, où l’urine..

» etc., et même la simple haleine du prisonnier en a cor-

» rompu l’air, et l’enfermer vingt-quatre heures dans chacun.» Par ce moyen, il est certain qu’il feroit un rapport au Roy tel» que ces lieux l’exigent.

» Remarque. — Mais c’est que ces cachots et les chambres» mêmes n’étoient point ainsy autrefois. Il y avoit des fenêtres» et des soupiraux. Ce n’est que depuis que la magicienne» marquise de Pompadour a mis le pied à la Cour, que ses» démons, en s’emparant des sens de toutes les personnes qui» ont la direction de cette prison, d’un lieu supportable en ont» fait l’exécration de la malédiction. Ils ont fait bâtir tous les» soupiraux des cachots, et maçonné la moitié des fenêtres d’une» grande quantité de chambres, en outre, mettre des trémilles» au-devant de ces fenêtres, puis, entre les grilles de fer et ces» trémilles, des treillages de fil d’archal où un cure-dent ne sçauroit« passer entre les mailles. Ce sont de véritables toiles de fer; de» plus, fait fermer toutes les cheminées pour y mettre des poêles,» et doublé et triplé les portes des chambres et des cachots, pour» empêcher d’entendre les cris de l'innocence. ».

NOUVELLE ÉVASION. — NOMS DES PRISONNIERS

Ce fut le 20 de novembre 1765 qu’il me fit tenir cet écrit, et