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L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
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alors dans une voie plus large et plus dangereuse, elleconvoqua les évêques et les ministres protestants à uncolloque qui devait avoir lieu à Poissy.

Avant l’ouverture du colloque, elle fit venir à Parisles théologiens catholiques, et insista devant eux surla nécessité de bien constater les causes de la sépara-tion et d’examiner de quelle manière en avait usél’Eglise primitive, afin que l’on pût trouver le moyende revenir à une bonne union. « Le cardinal de Lor-raine avait été le premier à lui conseiller cet audacieuxexpédient », affirme M. Chantelauze.

Les ministres appelés par le roi de Navarre arrivè-rent à Poissy, dès le 1 er août, jour de l’ouverture desÉtats. A leur tête étaient Théodore de Bèze et PierreMartyr Vermigli, de Zürich.

Théodore de Bèze fut reçu par la reine mère avecles marques d’une vive sympathie. Aux accusationsviolentes et passionnées que le eélèbre théologien pro-testant lança contre le chef du parti catholique, lareine répondit par des paroles favorables à sa requête.

Mais le roi de Navarre, qui était présent à cet entre-tien, s’emporta contre les protestants, sur lesquels ilfit retomber tous les torts, et il ajouta : « Quiconquetouche le bout du doigt de mon frère le duc de Guiseme touche dans mon corps tout entier. » Théodore deBèze, se tournant alors vers le roi de Navarre, luirépliqua : « Sire, je parle ici pour une religion qui saitmieux endurer les injures que les repousser »; et, fai-sant allusion aux anciennes croyances du prince, ilajouta : « Mais souvenez-vous que c’est une enclumequi a usé bien des marteaux (1). »

(1) Ch. Cauvin : Vie de François de Lorraine, duc de Guise, p. 253.