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L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
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l’amiral de coligny

Le chancelier de L’Hôpital, tolérant et sceptique àl’égal d’un Yoltairiende notre siècle, ouvrit le colloquepar ces paroles de conciliation :

« Otons ces mots diaboliques, noms de partis et deséditions, luthériens, huguenots, papistes ; ne chan-geons le nom de chrétiens. »

Autant de paroles prêchées dans le désert.

Le premier discours de Théodore de Bèze, prononcépar la voix mielleuse de cet apostat, devenu, de poèteanacréontique, mauvais théologien, et ilétri par lesaccusations les plus étranges, ce premier discours eutpour but de nier la présence réelle de N.-S. Jésus-Christ dans le saint sacrement de l’Eucharistie.

Un tumulte effroyable s’éleva. « Il eût été àsouhaiter, s’écria le cardinal de Lorraine, qu’il fûtmuet ou que nous fussions sourds. »

Après diverses conférences, qui demeurèrent sansrésultat, on dut dissoudre le colloque. La reine mèrefut attérée de cet échec.

« Très effrayé de la voir engagée de la sorte, Ghan-tonay, l’ambassadeur d’Espagne, lui conseilla de ren-voyer de la cour Coligny et ie cardinal de Châtillon;mais Catherine lui répondit fièrement qu’un prince,quelle que soit son expérience dans son propre pays,n’est jamais bon juge quand il s’agit des autres. Tou-tefois, voyant la triste issue du colloque, elle prit peur;et, bien qu’elle eût été la première à le convoquer, elleen rejeta toute la responsabilité sur les princes dusang. Déjà à cette époque, et comme gage certaind’un rapprochement sincère avec le parti huguenot,Catherine, qui ne faisait d’ailleurs qu’obéir à un vœuformé par Henri II, faisait espérer la main de sa fille,Marguerite, à Henri de Navarre, fils de la protestante