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l’amiral de coltgny
L’édit de janvier était absolument favorable aux cal-vinistes. On leur permit de tenir des réunions, pourvuqu’elles eussent lieu hors des villes. On leur donnal’assurance qu’ils ne seraient pas troublés, et qu’aubesoin les magistrats leur prêteraient main-forte. Enretour, ils durent restituer les églises ou chapellesdont ils s’étaient déjà rendus maîtres sur plusieurspoints, s’abstenir de troubler le culte catholique,observer les jours de fête et les convenances extérieuresde l’ancienne religion, exclure de leurs réunions toutespersonnes sur lesquelles leurs ministres n’auraient pasd’information préalable. On défendit aux ministres defaire aucunes levées d’argent, ils ne pouvaient recevoirque les aumônes; d’écrire ou de prêcher contre lecatholicisme ; enfin de rien avancer qui ne fût conformeà certains livres de l’Ancien ou du Nouveau Testament.
Cette disposition mérite d’être remarquée, dit M. Da-reste, elle montre combien on était convaincu du droitqu’avait l’Etat de décider les questions religieuses, etle soin qu’on prenait de distinguer des calvinistes lessectes dangereuses qu’on se réservait de poursuivre,comme libertins , anabaptistes ou athéistes.
L’édit de janvier fut très mal accueilli par les parle-ments, fait observer encore le consciencieux Dareste.
fût fait en langue vulgaire, etc., et que c’était un remède pourpacifier les différends. A quoi les messieurs du Concile répondi-rent : Non dabimus vobis venenum in medicinam. « Nous novous baillerons pas du venin pour médecine. » ( Archives curieusesde l’Histoire de France, l ro série, t. XV, p. 26.)
Si on ajoute que quelques évêques, tels que le cardinal de Châ-tillon, évêque de Beauvais; Antoine Caracciol, évêque de Troyes;Montluc, évêque de Valence, penchaient pour les nouvelles doc-trines ou même les avaient ouvertement embrassées, on comprendrade quels périls la religion catholique était alors menacée et com-bien il était nécessaire d’y aviser.