l’amiral DH COLIGNY
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Celui de Paris se fit donner des lettres de jussion etn’enregistra que le 6 mars, par ordre exprès, en décla-rant que l’enregistrement n’emportait aucune approba-tion de la nouvelle religion. Ceux de Toulouse et deRouen résistèrent assez longtemps. Celui de Bourgogneenvoya une députation à la reine pour lui exposer lesraisons qu'il avait de s’opposer à l’exécution, et cesraisons furent admises. La magistrature ne comprenaitpas qu’on pût permettre l’exercice de deux religionsdans une même ville. Étienne Pasquier, l’un de sesmembres les plus libéraux, ne voit là qu’une débauche,c’est-à-dire une occasion de troubles et de scandales.Tout royaume divisé périra, disait Tavannes, et ildemandait comment, l’unité de l'Église sacrifiée, onmaintiendrait celle du gouvernement. L’édit de janvierdéroutait toutes les idées des magistrats, qui voyaient,d’ailleurs, le progrès du désordre avec une inquiétudenaturelle. Ils se servaient contre lui d’un argument trèsfort : c’était le système établi par les calvinistes àGenève.
« Ce serait crime capital à Genève, dit Gabrielde Sacconay, auteur d’écrits contre Calvin, de faire« aucun exercice de la religion catholique; tant s’en« faut qu’on y voulût tolérer liberté de conscience,« pour autant qu’ils estiment d’endurer deux religions« contraires entre, clause contrevenante à l’expresse« parole de Dieu, qui commande que toute idolâtrie et« fausse religion soient exterminées. »
Pour les réformés, ils se montrèrent satisfaits. Go-ligny n’avait pas demandé autre chose que la libertédes prêches; ces ministres jugèrent devoir se contenterd’avantages présents qui leur faisaient espérer d’autressuccès prochains.
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