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L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
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l’amiral de coligny

« Ils prêchèrent, dit Castelnau, plus hardiment,« qui çà, qui là, les uns par les champs, les autres« en des jardins, et à découvert partout où la pas-« sion les guidoit, et où ils pouvoient trouver du« couvert, comme ès vieilles salles et masures, et jus-« ques aux granges; d’autant qu’il leur étoit défendu« de bâtir temples et prendre aucunes choses d’Eglisc.« Les peuples, curieux de voir chose nouvelle, y alloient« de toutes parts, et aussi bien les catholiques que les« protestants, les uns seulement pour voir les laçons« de cette nouvelle doctrine, les autres pour l’ap-« prendre, et quelques-autres pour connoître et remar-« quer ceux qui étoient protestants. »

Le chancelier de l’Hôpital, qui voulait 'ménager tousles partis, se flattait de mettre fin, par cet édit, auxtroubles du royaume.

« C’était là une illusion qui ne s’explique guère dela part d’une intelligence aussi élevée. On a crufaire un grand éloge de Michel de l’Hôpital en disantqu’il devançait son siècle. Malgré son talent, sonintégrité et l’élévation de son caractère, il ne com-prit pas qu’en bonne politique il ne suffit pas de de-vancer son siècle, et qu’il faut savoir marcher aveclui pour le diriger. Les lois, pour être efficaces, doi-vent répondre aux besoins du moment. La liberté doconscience, la faculté laissée aux protestants de seréunir et de propager leurs doctrines, ne font plusaujourd’hui l’objet de la moindre contestation. Mais, sil’on se reporte à cette époque où la féodalité avaitencore des racines si profondes dans le pays, où lesprinces et les grands seigneurs étaient encore assezpuissants pour lever des armées dans leurs domaines,on comprendra que, sous prétext de religion, les mé-