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l’amiral DE COL1GNY
contcnls et les ambitieux pouvaient, h la tête des fana-tiques, dicter leurs volontés à l’autorité royale, etdémembrer le royaume, dont l’unification avait été silente et si pénible. Michel de l’Hôpital ne devait pasignorer les menées ambitieuses et antinationales desfauteurs de la conjuration d’Amboise. 11 devait savoirque, pour parvenir 5. leurs fins, ils n’avaient pas craintde faire appel à l’étranger, et que l’Angleterre n’atten-dait qu’une occasion pour reprendre Calais et Bou-logne. C’était le prix qu’elle mettait aux secours qu’elleavait promis à Condé (1).
« Aussi l’édit de janvier, avoue Sismondi (2), leur fitreconnaître leur force. Dès que la nouvelle de la sur-prise d’Orléans leur parvint, ils prirent partout lesarmes tumultuairement dans les mois d’avril et de mai1562; ils se rendirent maîtres des villes et de leurstemples, et s’animant à détruire ce qu’ils nommaientles symboles de l’idolâtrie, ils profanèrent les autels,et traînèrent les images et les reliques dans la boue.Ces outrages soulevèrent presque partout contre eux lapopulace et les paysans. Les moines qui se chargeaientd’ameuter les classes ignorantes, disaient alors quï/slâchoicnt la grande lévrière. »
On vit alors se renouveler des scènes comme celleque Joyeuse décrit dans ses lettres, adressées de Lan-guedoc au due de Guise :
« Monseigneur, lui disait-il l’année précédente, vousavez esté adverty des malheureux désordres et grandescruautez qui se sont commises en la ville de Montpellieret ailleurs, à l’endroit des personnes de plusieurs bons
(1) Ch. Cauvin : Vie de François de Lorraine , duc de Guise.
(2) Sismondi : Précis de l'histoire des Français.