Buch 
L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
Seite
134
JPEG-Download
 

134

lamiral de coligny

religion pour triompher par elle, ajoute : « Mais surquoi lon ne peut se tromper, cest sur ses vertus mili-taires et civiles ; sur son courage, son intrépidité, sonaffabilité, sa douceur; sur sa sagesse à projeter et sapromptitude à exécuter, sur létendue de son génieaussi propre aux manèges de la cour quaux expéditionsguerrières. Il connaissait le faible de la reine, que lescoups de rigueur déconcertaient; il la surprenait par sahardiesse, et lui arrachait ce quil voulait, avant quellese fût mise en garde contre ses désirs. »

Lacretelle, souvent très sévère envers Guise, ne peutcependant sempêcher de sécrier : « Après avoirmontré, durant la plus grande partie de sa vie, lamagnanimité dun chevalier, il mourut en montrant lapatience et la douceur dun chrétien. »

La mort du duc de Guise a inspiré à Guizot unedes plus belles pages de son Histoire de France. Aprèsavoir rapporté les derniers moments du duc, il écritces lignes empreintes dune impartialité et duneremarquable élévation de pensée, bien dignes de cetaustère huguenot : « Je me fais un devoir de retracerfidèlement cette mort pieuse et sincère dun grandhomme au terme dune vie forte et glorieuse, mêlée debien et de mal sans que le mal y eût étouffé le bien. Cepuissant et consolant mélange est le caractère deshommes éminents du seizième siècle, catholiques ouprotestants, guerriers ou magistrats; et cest un spec-tacle bon à'offrir dans des temps le doute et laffai-blissement moral est la maladie commune, même desbons esprits et des honnêtes gens. »

M. Guizot eût été fort en peine de trouver, parmi lesprotestants du seizième siècle, un seul qui fût dignedêtre comparé à ce héros, dont nous allons maintenant