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L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
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lamiral de coligny

moges et le sieur dOysel, qui avaient été à Orléanstraiter de la paix avec Dandelot et le connétable. Leduc espérait les rencontrer à leur retour et sentreteniravec eux dune affaire dautant plus importante pourlui, quil ne manquait pas de gens, à la cour et ailleurs,pour laccuser de prolonger la guerre à plaisir et pouraugmenter la puissance de sa maison. Le sieur deGrenay, familier du duc, voyant liieure qui savançait,partit en avant pour rassurer la duchesse de Guise surce retard inaccoutumé. Il passa la Loire dans un petitbateau, car le pont de Saint-Mesmin avait été rompupar les huguenots, et il aborda sur lautre rive.

La nuit tombait. Quand il fut à terre, un homme, quidepuis longtemps déjà se promenait au bord du fleuve,lui demanda si le duc nallait pas bientôt passer. « Ilvient », dit Crenay, et il continua sa route.

Le duc, en effet, nattendit pas plus longtemps. Ilmonte en bateau, les trompettes du camp sonnent sonarrivée, on débarque; le jeune Villegomblain marcheen avant; quelques pas après, suit le duc de Guise,désarmé, et sentretenant du siège avec le seigneur deRostaing, monté sur un petit mulet. Cétait toute sonescorte. Tout à coup, comme les trois seigneurs passentdans un carrefour croissent deux grands noyers, uncavalier savance dans lombre; il arrive par derrière àsept pas du duc de Guise, et tire sur lui un coup depistolet. Trois balles de cuivre fracassent lépaule duduc, la violence du coup le jette sur le cou de soncheval; il se redresse, veut mettre la main à lépée;son bras reste inanimé. Le sieur de Rostaing sélanceà la poursuite de lassassin; mais, avec son mulet,il ne peut atteindre celui-ci qui est monté sur uncheval dEspagne, et qui, tirant lui-même son épée,