Buch 
L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
Seite
137
JPEG-Download
 

L AMIRAL DE COLICiNY

137

feint de poursuivre le meurtrier et disparaît danslobscurité. Le duc arrive mourant entre les bras desa femme.

Rostaing appelle au secours; des soldats et des pagesaccourent. Anne dEste et le prince de'Joinville, quiattendaient un époux et un père triomphant, nont quela force de se précipiter sur lui pour lembrasser avecdes larmes de douleur et de désespoir. « Ah! monDieu! mon Dieu! sécrie la malheureuse épouse, cestmoi qui lai assassiné! Il y a longtemps, dit le duc,quon me gardait ce coup-, que je mérite pour ne pasmêtre précautionné » ; et, se tournant vers sa femme,il ajouta, pour la consoler, quil lui portait une piteusenouvelle, mais telle quelle était il fallait la recevoirde la main de Dieu et saccorder à sa volonté; quilnavait nul regret de mourir, mais quun de sa nationeût commis un tel acte. Il dit au prince de Joinvillequi pleurait : « Dieu te fasse la grâce, mon fils, dêtrehomme de bien. »

Un barbier, mandé en toute hâte, visita les blessuresdu prince. Lassassin, croyant que François de Lor-raine portait encore sa cuirasse, avait visé très haut.Les balles de cuivre avaient frappé lépaule, en latraversant de part en part. On conçut néanmoins delespoir.

Pendant toute la nuit, les officiers de larmée royale,informés du crime, assiégèrent le château de Gorney,pour obtenir des nouvelles. Quelques-uns furent admisauprès du duc; il leur exprima son regret quun telacte eût pu être commis par un Français, et leurrecommanda de servir loyalement Dieu et le roi.

Lévêque de Limoges et M. dOysel, qui négociaientavec la princesse de Condé, étant venus lui rendre

8.