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l’amiral de coligny
compte de leur mission, il put les écouter attentive-ment. Dans l’entretien qu’il eut avec eux, il manifestale désir que la paix fût promptement conclue; maislorsqu’il apprit que parmi les otages réclamés par lesprotestants devait figurer son jeune fils Henri, princede Joinville, il exprima la plus grande répugnance,doutant que sa femme et ses amis y consentissent, àcause de sa mort prochaine. 11 ajouta que si la reinel’ordonnait, il accéderait à cette pénible condition, etdonnerait en otage non seulement le prince de Join-ville, mais encore tous ses autres enfants.
Les médecins Castellan et Yicence ne crurent pas,de prime abord, que la blessure fût mortelle, le coupayant percé l’épaule, mais n’ayant point brisé les oset « n’étant point entré dedans le coffre ». Cependantla fièvre devint chaque jour plus ardente, et comme letrou fait par les balles se rétrécissait à la sortie, oncraignait que l’une d’elles ne fût restée dans le corps.Les chirurgiens décidèrent donc qu’il fallait élargir lablessure, et pratiquer une incision pour la sonder. Ilsfendirent la plaie en forme de croix, y cherchèrent laballe avec les doigts et ne l’y trouvèrent pas. Mais tousces efforts étaient inutiles, et les hommes de l’art du-rent avouer qu’il ne restait aucun espoir de sauverl’illustre blessé.
« Un dernier trait marqua et illustra la sublimeagonie de M. de Guise, dit Dargaud. On proposa aumalade M. de Saint-Just, qui, dans la conviction, desesprits les plus éclairés du temps, avait le pouvoir deguérir en appliquant au mal certains appareils et cer-taines paroles cabalistiques-. « Non, répondit le duc de« Guise. Je ne doute pas de sa science, mais sa science« est diabolique.JPlutost que d’estre sauvé par un sorti-