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L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
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« lège, je préfère mourir droiciement comme jai vécu.« Dieu est le maître, quil soit fait selon sa volonté. »

Ce fut au cardinal de Guise quéchut la douloureusemission dapprendre à son frère que lheure de la mortétait proche et quil fallait sy préparer. Le duc luirépondit en souriant : « Ah vous me faytes un vraytour de frère de me pousser au salut jaspire. Je nevous en affectionne que plus grandement. » Le ducalors se confessa à lévêque de Riez, le confident et lenarrateur des derniers sentiments et des dernièresparoles de ce héros.

La fièvre redoubla dans la nuit du 23. M. de Guisene conservant plus dillusion, jugeant sa fin prochaine,appela près de son lit la duchesse et le prince de Join-ville, son fils aîné.

« Ma chère compagne, dit-il à la duchesse désolée,je vous ay toujours aimée et estimée. Je ne veux pasnier que les conseils et fragilitez de ma jeunesse nemayent conduit quelquefois à des choses dont vousavez pu être offensée : je vous supplie men absoudreet me le pardonner. Depuis les trois dernières annéesvous sçavez bien avec quel respect jai conversé avecvous, vous ostant toutes occasions de recevoir lemoindre mescontentement du monde. Je vous laissede mes biens la part que vous en voudrez prendre ; jevous laisse les enfants que Dieu nous a donnez. Jevous prie que vous leur soyez toujours bonne mère. »

« Mon fils, reprit-il en regardant le prince de Join-ville, qui mêlait ses sanglots à ceux de la duchesse, tuas ouy ce que jai dit à ta mère. Aye, mon mignon,mon amy, lamour et crainte de Dieu principalementdevant tes yeux et dedans ton cœur; chemine selonses voix par le sentier droict et estroict, évitant le