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L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
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L AMIRAL DE C0L1GNY

large et oblique qui conduit à perdition. Ne tadonneaucunement, aux compagnies vicieuses. Ne chercheaucun advancement par voies mauvaises, comme parune vaillantise de cour ou une faveur de femmes.Attends les honneurs de la libéralité de ton prince etde tes labeurs ; et ne désire les grandes charges, carelles sont trop difficiles à exercer. Toutefois, en celles lu seras, emploie entièrement ton pouvoir et tavie pour ten acquitter, selon ton devoir, au contente-ment de ton Dieu et ton roy. Si la bonté de la roynete fait participer en quelquun de mes estats, nestimepoint que ce soyt pour tes mérites, mais seulement àcause de moy et de mes laborieux services. Et nenéglige de ty porter avec modération. Quelque bienquil te puisse advenir, garde-toi dy mettre ta con-fiance; car ce monde est trompeur et ny peut estreassurance aucune, ce que lu voy clairement en moy-mesme. Or, mon cher filz, je te lègue ta mère; que tulhonores et la serves ainsy que Dieu et nature tyconvient. Que tu aimes tes frères comme tes enfants,que tu conserves lunion entre eux, car cest le nœudde ta force. Et je conjure mon Dieu quil te donne sabénédiction comme je te donne la mienne. »

Le petit prince de Joinville, tout en larmes, sage-nouilla devant le lit du moribond, et, joignant lesmains, il répondit avec un accent de fermeté qui étaitvraiment au-dessus de son âge :

« Mon père, je vous obéirai, je le jure. »

Le duc le prit entre ses bras, le serra contre sa poi-trine et lembrassa tendrement. Puis, appuyant sa mainsur lépaule de lenfant, il reprit, en sadressant auxcardinaux de Ferrare et de Guise :

« Et vous, Messieurs les cardinaux, mes frères, qui