l’amihal de coligny 143
Nous savons que l’assassin se nommait Poltrot deMéré, mais qu’était-il devenu? qui était-il? Quellemain avait armé la sienne?
Après avoir accompli son abominable crime, le meur-trier s’était enfui. On avait perdu ses traces.
«... A l'instant qu’il l’eust frappé, il picqua soncheval d’Espagne sur lequel il estoit monté, et sesaulva de vitesso, prenant par plusieurs bois et taillis;durant laquelle nuyct il feit environ dix lieues, pensanttoujours s’esloigner d’Orléans; mais à l’obscurité, il sedestourna de son chemin, et vint jusques au villaged'Olivet, et picqua jusques au lendemain huit ou neufheures du matin, qu’il cogneust son cheval eslre las;pourquoy il se logea en une cense, où il reposa jusquesau samedy xx, qu’il y fut trouvé fortuitement paraucuns soldats ne le cognoissant point, n’y sachantqu’il eust commis le dit cas; mais par subçon, levoiant seul, et de contenance aucunement effrayée,espérant si c’étoit luy, en avoir bonne récompense,parce que le roy avoit faict crier par son camp quequiconque en trouvcroit l’auteur et le représenterait,il lui donnerait mille écus; qui fut cause de mettreplusieurs en besoigne. Geulx donc qui le descouvrirenten ladite cense, se trouvant en une chambre où ilacourtroit sa pistole, et reinezchant son cheval, l’adres-sèrent au camp vers la royne; auxquels par le cheminil déclara l’affaire, promettant un bon présent s’ils levouloient sauver. »
Mais ces gens ne voulurent pas devenir ses complices,et Poltrot fut mené au camp, et interrogé en présence dela Reine, par maître Jean Viellart, maître des requêtes.
« Le dimancho 21, dit le prince do Caraman, onapprit qu’il se nommait Jean Poltrot, seigneur de