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l’amiral DE C0L1GNY
Méré ou Meray, en Angoumois, relevant de la seigneu-rerie d’Aubeterre. Il avait d’abord été page chez Bou-chard, baron d’Aubeterre; puis il avait embrassé lareligion réformée, et avait pris les armes sous M. deSoubise. 11 avait, paraît-il, déjà manifesté le dessein detuer le duc de Guise. Quelque temps après la bataillede Dreux, M. de Soubise, qui était à Lyon, envoya Pol-trot porter un message à l’amiral, et le recommandavivement à celui-ci. L’amiral l’accueillit fort bien, luidonna de l'argent , et, parlant pour la Normandie, il lelaissa à Orléans, après lui avoir donné ses instruc-tions. Ce qui est certain, c’est qu’elles portaient au moinsl’ordre d’espionner le duc‘de Guise : Coligny l’a avouélui-même. Aussi Poltrot ne tarda-t-il pas à sortir d’Or-léans, et il vint trouver le duc au château de Gorney.Là, il fît semblant de reconnaître ses erreurs; il ditqu’il avait été abusé, qu’il s’était laissé entraîner versles idées nouvelles ; mais qu’il voyait bien maintenantcombien il s’était trompé, et qu’il revenait à la vraiereligion et au service de son Roi. Le duc de Guise,bon, affable, et naturellement gracieux, le reçut à mer-veille, le fit asseoir à sa table, et l’admit dans sa suite.
« Il accompagna souvent M. de Guise avec tous nousautres de son logis jusques au Portereau, où tous lesjou'rs mondict seigneur y alloil, et pour ce cherchoittousjours l’occasion opportune, jusques à celle quitrouva, où il fit le coup; car elle étoit fort aisée, d’au-tant que le soir que mondict seigneur tournoit, il s’envenoit seul avec son écuyer ou un autre ; et cette foisavoit avec lui M. de Rostaing, et venoit passer l’eau dupont de Sainct-Mesmin (1) ».
: !) Brantôme.