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L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
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Mais Pollrot ne dit pas quil avait seulement étéchargé despionner le duc : il déclara hautement quelamiral de Goligny lui avait, à plusieurs reprises, pro-posé de lassassiner, et quil navait agi quà ses sug-gestions, ainsi quà celles de Théodore de Bèze. Il nechargea ni Gondé, ni Dandelot, ni Soubise, et prétenditquils étaient absolument restés en dehors du crime etquils en avaient ignoré lexécution; mais, quant à cequi regarde Goligny, il fut ferme et précis dans sesréponses. M. Gh. Cauvin, dans son livre si intéressant,donne quelques détails encore plus explicites :

« Jean Poltrot, sire de Méré, dit-il, avait alorsvingt-six ans. Lesprit sombre, inquiet, mais ardent etdoué dune grande intelligence, il avait été dabord uncatholique fanatique. Sous Henri II, il avait fait unlong séjour en Espagne en qualité despion. Il étaitpetit, il avait le teint cuivré, et avait pris si bien lesmœurs et les allures du pays il avait séjourné,quon ne lappelait plus que lEspagnol. Il avait été,dit-on, page de la reine. A son retour en France, ilembrassa le calvinisme, et son fanatisme ne fit quecroître. Compromis dans la conjuration dAmboise, cefut à la généreuse intercession du duc de Guise quildut la vie. Lorsque les guerres religieuses éclatèrent,il alla offrir ses services à Soubise, qui commandaitles réformés de Lyon. Ce seigneur, frappé de son intel-ligence et de son activité, le dépêcha auprès de Coligny,après la bataille de Dreux, avec des lettres de recom-mandation. Ce fut en faisant le tableau de la situationdes réformés dans le Dauphiné quil exprima, dit-on,à lamiral, le désir quil avait de tuer le duc de Guise,considérant que cétait le plus grand bien qui pût avenirpour les réformés. Cest pendant le siège de Celles

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